Soupape de sûreté : levée réduite ou passage intégral (JIS)

Une chaudière livrée par un fabricant japonais arrive avec une fiche technique qui désigne ses soupapes de sûreté comme 全量式 (zenryō-shiki). Quelques années plus tard, le distributeur japonais propose en remplacement une soupape marquée 揚程式 (yotei-shiki), de même DN, nettement moins chère. (Exemple fictif.) Le diamètre est le même, la pression de tarage aussi, et la bride se raccorde. Pouvez-vous la monter sans autre vérification ?
Non, pas sans contrôle. Ces deux termes décrivent la levée du clapet et l'endroit qui limite le débit. Sur une soupape à levée réduite (揚程式, yotei-shiki, « lift type »), c'est le passage étroit entre le clapet et le siège qui fixe le débit. Sur une soupape à passage intégral (全量式, zenryō-shiki, « full bore type »), le clapet monte assez haut pour que ce soit la partie la plus étroite de la tuyère d'entrée, le col, qui fixe le débit. Selon un fabricant japonais, à diamètre nominal égal, la capacité nominale d'une soupape à passage intégral est d'environ 4 à 5 fois celle d'une soupape à levée réduite.
Ce guide présente les noms utilisés par les fabricants japonais, les définitions de la norme JIS B 8210 et leur lien avec la NF EN ISO 4126-1, l'intérêt de la levée du clapet, le fonctionnement d'une soupape à ressort et le traitement des deux types dans la réglementation japonaise des chaudières. Il se termine par une liste de contrôle, des questions à poser au fournisseur japonais, un modèle de message et une FAQ.
Sommaire
Levée réduite et passage intégral : les termes japonais et leurs équivalents
La norme JIS B 8210 et les fiches techniques japonaises qui la suivent classent les soupapes de sûreté à ressort (安全弁, anzen-ben) en deux catégories de levée. Les fabricants japonais qui publient en anglais, comme Yoshitake, les traduisent ainsi :
| Japonais | Romaji | Anglais utilisé par les fabricants japonais | Équivalent français (usage courant) | Ce qui limite le débit |
|---|---|---|---|---|
| 揚程式 | yotei-shiki | Lift type | Soupape à levée réduite | Le passage entre clapet et siège (aire du rideau) |
| 全量式 | zenryō-shiki | Full bore type | Soupape à passage intégral | Le col de la tuyère |
Les références européennes et britanniques utilisent un autre classement de la levée. Spirax Sarco, par exemple, décrit des soupapes à faible levée, à grande levée et à pleine levée (low, high et full lift). Une soupape est dite « full lift » lorsque le clapet monte d'au moins un quart du diamètre d'alésage, de sorte que l'aire du rideau n'influence plus la section de décharge.
Une soupape japonaise à passage intégral repose sur le même principe, mais les deux systèmes ne se superposent pas terme à terme. Quand une fiche utilise l'un ou l'autre vocabulaire, fiez-vous à la définition qui se trouve derrière, pas seulement à l'étiquette.
Les définitions de la norme JIS B 8210
La norme JIS B 8210 (soupapes de sûreté) définit les deux types. L'édition actuelle a été révisée le 25 février 2025 et remplace celle de 2017. Elle s'appuie sur l'ISO 4126-1:2013 et l'ISO 4126-7:2013 (avec leurs amendements de 2016), adaptées au Japon. En France et dans l'Union européenne, l'ISO 4126-1 est reprise sous la référence NF EN ISO 4126-1.
L'édition 2025 couvre les soupapes tarées à 0,1 MPa (environ 1 bar) relatifs ou plus : les soupapes à passage intégral dont le diamètre du col est d'au moins 7 mm, et les soupapes à levée réduite dont le diamètre de l'orifice du siège est d'au moins 15 mm. Les soupapes pilotées et celles des récipients sous pression de réfrigération en sont exclues. Le champ d'application de l'ISO 4126-1:2013 est formulé autrement (orifice d'écoulement d'au moins 4 mm, pression de début d'ouverture d'au moins 0,1 bar relatif). Ne supposez donc pas que les deux textes couvrent exactement les mêmes appareils.
Le libellé des définitions de l'édition 2025 n'est pas visible dans l'aperçu public. Les définitions ci-dessous viennent de l'édition 2017, telle que la cite le guide technique d'un fabricant japonais.
Levée réduite (揚程式) : soupape de sûreté dont la levée est d'au moins 1/40 et de moins de 1/4 du diamètre de l'orifice du siège, et dont l'aire de passage au siège (aire du rideau) est la plus petite des sections de passage lorsque le clapet est ouvert.
Passage intégral (全量式) : soupape de sûreté dont la levée est telle que l'aire de passage au siège devient nettement plus grande que l'aire du col.
La figure 1 montre la différence : levée réduite à gauche, passage intégral à droite.
Sur une soupape à levée réduite, le passage entre clapet et siège est la section la plus étroite. Sur une soupape à passage intégral, c'est le col de la tuyère.
Schémas simplifiés. Les bagues de réglage et la forme du clapet varient selon le fabricant et le modèle.
Sur une soupape à levée réduite, le clapet ne monte que peu, même une fois la pression de tarage dépassée : le passage entre siège et clapet est donc la plus petite section, et c'est lui qui fixe le débit. Une soupape à passage intégral se soulève d'un coup et haut, si bien que ce passage ne gêne plus l'écoulement. C'est alors l'aire du col de la tuyère, sous le siège, qui fixe le débit.
Pourquoi la levée de 1/4 sert de frontière
Le passage (aire du rideau) peut se voir comme la surface latérale d'un cylindre posé sur l'orifice du siège. Une circulaire du ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales (MHLW), qui interprète les règles sur les chaudières, donne la même formule pour la section de décharge effective d'une soupape à levée réduite :
En reportant les limites de la JIS dans ce rapport, on obtient la figure 2. Lorsque la levée atteint 1/4 du diamètre de l'orifice du siège, l'aire du rideau est égale à l'aire de l'orifice.
Aire du rideau en pourcentage de l'aire de l'orifice du siège.
Rapport = 4ℓ/D. D/40 et D/4 sont les limites basse et haute de la levée d'une soupape à levée réduite (JIS B 8210:2017). D/15 est la levée à partir de laquelle l'article 64 des Normes japonaises de structure des chaudières exige que les soupapes à levée réduite montées sur des chaudières à vapeur soient conformes à la JIS B 8210 (voir plus bas).
Tant que la levée reste inférieure à 1/4 du diamètre, le passage est plus petit que l'orifice du siège et c'est lui qui commande le débit. C'est le domaine de la levée réduite. Spirax Sarco trace la même limite : dès que le clapet monte d'au moins un quart du diamètre d'alésage, l'aire du rideau n'influence plus la section de décharge (pleine levée).
Une soupape à passage intégral monte jusqu'à ce que le passage soit « nettement plus grand » que l'aire du col, donc c'est le col, et non le passage, qui fixe le débit. C'est pourquoi un même diamètre nominal peut correspondre à des capacités très différentes. Le fabricant japonais Venn indique qu'à diamètre nominal égal, la capacité nominale (公称吹出し量, kōshō fukidashi-ryō : le débit de décharge pour lequel la soupape est garantie) d'une soupape à passage intégral est de 4 à 5 fois celle d'une soupape à levée réduite. Prenez ce chiffre comme un ordre de grandeur et comparez les capacités nominales sur les fiches techniques réelles.
Fonctionnement d'une soupape de sûreté à ressort
Les deux types s'ouvrent de la même façon. La pression d'entrée pousse le clapet vers le haut, le ressort le pousse vers le bas. La force vers le haut est la pression d'entrée multipliée par l'aire du siège : quand elle dépasse la force du ressort, le clapet se soulève et le fluide s'échappe. Plus le ressort est comprimé, plus la pression d'ouverture (pression de tarage) est élevée.
Le ressort plaque le clapet sur le siège. Au-delà de la pression de tarage, le clapet se soulève.
Schéma simplifié. Certaines soupapes à passage intégral ont deux bagues de réglage, et les noms et formes des pièces varient selon le fabricant.
Chaque pièce contribue à l'ouverture, à l'ouverture brusque ou à la refermeture :
- Ressort et vis de réglage (ばね・調整ねじ) : ils créent la force qui maintient le clapet fermé. La vis modifie la compression du ressort et fixe la pression de tarage.
- Clapet et siège (弁体・弁座) : les surfaces d'étanchéité qui arrêtent le fluide quand la soupape est fermée. Des impuretés ou des rayures à cet endroit provoquent des fuites.
- Tige (弁棒) : elle transmet la force du ressort au clapet et le guide en translation verticale.
- Bague de réglage (加減輪, kagen-wa) : bague placée autour du siège, qui sert à régler l'ouverture brusque et la pression de refermeture (blowdown).
- Levier d'essai et capuchon (試験レバー・キャップ) : le levier soulève le clapet à la main pour vérifier qu'il n'est pas grippé. Le capuchon recouvre les organes de réglage.
Les soupapes de sûreté pour vapeur et gaz s'ouvrent en grand d'un coup peu après le début de l'ouverture (ouverture brusque, « pop action »). Le fluide qui passe au-delà du siège s'accumule dans l'espace formé par la lèvre extérieure du clapet et la bague de réglage (la chambre de poussée, « huddling chamber »). La pression s'exerce alors sur une plus grande surface.
Une fois la soupape ouverte, la force due au changement de direction de l'écoulement soulève encore le clapet. Quand la pression baisse, le ressort replaque le clapet sur son siège. La figure 4 montre les quatre étapes et les noms japonais de chaque pression.
Quatre étapes : la pression monte, la soupape s'ouvre, puis la pression redescend.
Les termes suivent le guide technique du fabricant japonais Venn. Pour les soupapes en service liquide ou gaz, la pression de tarage est la pression à laquelle apparaît un petit débit (pression de début d'écoulement, 吹始め圧力).
Le lien entre la pression de tarage et la pression maximale admissible de l'équipement est traité dans un autre article. Ce guide ne le reprend pas.
Quand choisir l'un ou l'autre type
La figure 5 résume les différences. À diamètre nominal égal, les deux types n'ont pas la même capacité, donc ni le même encombrement ni le même prix.
Même diamètre nominal, mais capacité, encombrement et prix différents.
Le rapport de capacité vient du guide technique de Venn. Les écarts de prix varient avec la taille, la matière et le fabricant. Confirmez le choix final avec le fabricant de la soupape, à partir du fluide, de la pression de tarage et de la capacité requise.
Aucune règle ne dit quel type employer. La JIS B 8210 précise elle-même qu'elle est une norme de produit et qu'elle ne régit pas la mise en œuvre des soupapes de sûreté. L'ISO 4126-1 dit la même chose dans son domaine d'application.
En pratique, on utilise des soupapes à passage intégral sur les chaudières et les autres équipements qui doivent évacuer rapidement un grand volume de vapeur. À diamètre égal elles laissent passer davantage, donc on peut installer des soupapes plus petites, ou moins nombreuses.
Les soupapes à levée réduite sont fréquentes sur les circuits liquides, comme les refoulements de pompe, et beaucoup de ce que l'on appelle soupapes de décharge (逃がし弁, nigashi-ben) sont à levée réduite. Une soupape de décharge pour liquide s'ouvre aussi autrement : au lieu de s'ouvrir brusquement, elle s'ouvre progressivement à mesure que la pression monte. Un liquide est presque incompressible, et en évacuer un peu suffit à faire baisser la pression.
La levée réduite peut aussi servir pour les gaz. Mais un gaz occupe un volume bien plus grand par unité de masse et met plus de temps à se dépressuriser : une soupape à passage intégral est le choix le plus prudent en service gaz.
Ce qu'exige la réglementation japonaise des chaudières
L'emploi d'une soupape est fixé par la réglementation propre à chaque type d'équipement, non par la JIS. Pour les chaudières au Japon, les Normes de structure des chaudières (ボイラー構造規格, Boirā kōzō kikaku, une notification du MHLW) fixent le nombre de soupapes de sûreté et leur mode d'installation.
Si vous exploitez une chaudière japonaise en France, au Maroc ou en Algérie, c'est la réglementation locale qui s'applique. Dans l'Union européenne, une soupape de sûreté est un accessoire de sécurité au sens de la directive 2014/68/UE (DESP), et les normes de chaudières NF EN 12952 ou NF EN 12953 s'ajoutent selon le type d'appareil. Une conformité à la JIS B 8210 ne vaut pas conformité à la DESP : si l'équipement est installé dans l'UE, demandez le marquage CE et la déclaration UE de conformité. Les règles japonaises restent utiles pour comprendre pourquoi les soupapes d'origine ont été spécifiées ainsi.
Les exigences diffèrent selon le type de chaudière et la partie concernée.
Résumé des articles 62 à 65 de la notification MHLW n° 197 de 2003 (modifiée en partie par la notification MHLW n° 291 de 2025, applicable au 1er avril 2026). Consultez le texte complet et les circulaires associées pour le détail.
L'article 64 cite les soupapes à levée réduite dont la levée est d'au moins 1/15 du diamètre de l'orifice du siège à côté des soupapes à passage intégral : la levée réduite n'est donc pas interdite sur les chaudières.
Une circulaire du MHLW du 7 novembre 2025 (Kihatsu 1107 n° 5) exige aussi que la capacité de la soupape d'une chaudière à vapeur soit au moins égale à la vaporisation maximale de la chaudière. Si la capacité est insuffisante, il faut une soupape plus grande, ou davantage de soupapes.
Les soupapes ne sont pas le seul dispositif contre la surpression. Pour une solution non refermable, et pour l'association d'un disque de rupture avec une soupape, voir l'article dédié.
Liste de contrôle : comparer deux soupapes de sûreté
Utilisez-la avant d'accepter une soupape de remplacement ou une alternative, surtout quand la fiche technique est en japonais.
- Type de levée : 揚程式 (levée réduite) ou 全量式 (passage intégral) ? Vérifiez aussi la série du modèle, certains fabricants utilisent une série différente par type.
- Capacité nominale : la capacité nominale (公称吹出し量) en kg/h ou dans une autre unité, avec le fluide, la pression de tarage et la condition de pression pour lesquels elle a été établie.
- Capacité requise : le débit que la soupape doit évacuer. Pour une chaudière à vapeur, au moins la vaporisation maximale.
- Dimensions : diamètre du col (のど部の径) pour le passage intégral, diamètre de l'orifice du siège (弁座口の径) pour la levée réduite, et la levée.
- Fluide et état : vapeur saturée, vapeur surchauffée, air, gaz ou liquide, et la température.
- Pression de tarage, différence de refermeture et pression de service : la pression de service normale est-elle assez inférieure à la pression de tarage ?
- Conditions à la sortie : rejet à l'atmosphère ou vers un circuit fermé, et contre-pression.
- Norme et réglementation : l'édition de la JIS B 8210 à laquelle la soupape est conforme, et le code ou la réglementation applicable à votre site (pour un équipement installé dans l'UE : DESP, marquage CE, NF EN ISO 4126-1).
- Plaque signalétique : diamètre nominal, pression de tarage et capacité cohérents avec les documents.
- Capuchon et levier : avec ou sans levier, chapeau ouvert ou fermé (étanche aux gaz) selon le fluide.
Questions à poser au fournisseur japonais
Quand vous contactez le fabricant de la soupape ou le fournisseur de l'équipement, ces questions permettent d'obtenir plus vite une réponse claire :
- Cette soupape est-elle à levée réduite (揚程式) ou à passage intégral (全量式) au sens de la JIS B 8210 ?
- Quelle est sa capacité nominale, et pour quel fluide, quelle pression de tarage et quelle condition de pression ?
- La soupape de remplacement a-t-elle au moins la même capacité que la soupape d'origine dans les mêmes conditions ?
- À quelle édition de la JIS B 8210 est-elle conforme, et pouvez-vous fournir le certificat ou le procès-verbal d'essai ?
- Quel est le diamètre du col ou de l'orifice du siège, et quelle est la levée ?
- Quelle différence de refermeture est réglée, et quelle pression de service recommandez-vous par rapport à la pression de tarage ?
- Convient-elle à notre fluide et à nos conditions de sortie, contre-pression comprise ?
Voici un court message à adapter :
Objet : remplacement d'une soupape de sûreté sur [désignation de l'équipement / numéro de série]
Madame, Monsieur,
La soupape de sûreté d'origine de cet appareil est référencée comme soupape à passage intégral (全量式), modèle [modèle], DN [diamètre], pression de tarage [valeur] MPa. Votre offre propose une soupape à levée réduite (揚程式) de même diamètre. Pourriez-vous nous confirmer la capacité nominale des deux soupapes pour [fluide] à cette pression de tarage, et indiquer si la soupape proposée atteint ou dépasse la capacité requise de [valeur] kg/h ? Merci de préciser également à quelle édition de la JIS B 8210 elle est conforme, et si elle est livrée avec les documents de conformité exigés pour une installation en [pays].
Cordialement,
Limites de ce guide
- Les définitions JIS citées ici viennent de l'édition 2017. L'édition 2025, fondée sur l'ISO 4126-1 et -7, peut les formuler autrement.
- Le rapport de capacité de 4 à 5 est un chiffre général donné par un seul fabricant japonais. Comparez les capacités nominales sur les fiches techniques réelles.
- Les règles de chaudières résumées ici sont des règles japonaises. Un équipement installé en France, au Maroc ou en Algérie doit respecter la réglementation et les normes locales. La correspondance exacte entre JIS B 8210 et NF EN ISO 4126-1 doit être confirmée avec le fournisseur.
- Ce guide explique ce qu'il faut vérifier et qui décide. Ce n'est ni une méthode de dimensionnement, ni une procédure de tarage, d'essai ou de remplacement des soupapes. Ces opérations reviennent au fabricant de la soupape et au personnel qualifié, selon la réglementation applicable.
FAQ
Quelle différence entre soupape de sûreté et soupape de décharge sur une chaudière japonaise ?
Les Normes japonaises de structure des chaudières décident selon le type de chaudière et la température de l'eau. Les chaudières à vapeur reçoivent des soupapes de sûreté, et les chaudières à eau chaude à 120 °C ou moins des soupapes de décharge. Une chaudière à eau chaude à 120 °C ou moins peut se passer de soupape de décharge si elle a un tuyau de décharge placé à un endroit facile à inspecter. Au-dessus de 120 °C, une soupape de sûreté est nécessaire.
Pourquoi une soupape de sûreté doit-elle être montée à la verticale ?
Le ressort et le clapet sont conçus pour se déplacer en ligne droite, de haut en bas. Les Normes japonaises de structure des chaudières exigent de monter les soupapes directement sur le corps de la chaudière, avec la tige à la verticale. Le guide de Venn indique de même qu'en principe les soupapes ne se montent qu'à la verticale : un montage couché ou incliné peut entraîner un dysfonctionnement.
Pourquoi une soupape fuit-elle en dessous de sa pression de tarage ?
Une cause fréquente est l'endommagement des portées d'étanchéité. Si des impuretés ou du tartre se coincent entre le clapet et le siège et les rayent, la soupape fuit même sous la pression de tarage.
Fonctionner trop près de la pression de tarage provoque aussi des fuites. Un article technique de Baker Hughes indique que la pression de service devrait en général rester à 95 % de la pression de tarage ou moins pour garder le siège étanche. Si la fuite persiste, la soupape est en général révisée et son tarage contrôlé pendant un arrêt programmé.
À quoi sert le levier d'une soupape de sûreté ?
Il soulève le clapet à la main pour vérifier que la soupape peut fonctionner et qu'elle n'est pas grippée. Le guide de Venn indique de ne l'utiliser que lorsque la pression d'entrée atteint au moins 75 % de la pression de tarage. La pression admise et la fréquence varient selon le produit : consultez la notice de votre soupape.
Une soupape à pleine levée (full lift) est-elle la même chose qu'une soupape à passage intégral (full bore) ?
Elles reposent sur la même idée : le clapet monte assez haut pour que l'aire du rideau ne limite plus le débit. Mais « pleine levée » (full lift) vient des classements européens et britanniques (faible levée, grande levée, pleine levée), alors que « full bore type » est la traduction que donnent les fabricants japonais de 全量式 selon la JIS B 8210. Vérifiez la définition et la capacité nominale sur la fiche technique, plutôt que de supposer que les étiquettes sont interchangeables.
Sources
- Japanese Standards Association : JIS B 8210:2025 Soupapes de sûreté, aperçu (date de révision, champ d'application, normes ISO correspondantes, mention de norme de produit ; en japonais)
- ISO 4126-1:2013(fr) : Dispositifs de sécurité pour protection contre les pressions excessives, partie 1 : soupapes de sûreté (champ d'application, norme de produit)
- Venn Co., Ltd. : guide technique sur les soupapes de sûreté (définitions JIS B 8210:2017, rapport de capacité, termes, levier, sens de montage ; en japonais)
- Yoshitake : FAQ sur les soupapes de sûreté (noms anglais « lift type » et « full bore type »)
- MHLW : Normes de structure des chaudières (notification n° 197 de 2003) (nombre, position et conformité JIS des soupapes ; en japonais)
- MHLW : circulaire sur la modification partielle des Normes de structure des chaudières (7 novembre 2025) (capacité et vaporisation maximale, section de décharge effective πDℓ ; en japonais)
- Spirax Sarco : Types of safety valve (faible, grande et pleine levée ; pleine levée à 1/4 du diamètre d'alésage)
- Baker Hughes : Operational Basics of Safety Valves (Valve Magazine, mai 2024) (équilibre des forces, ouverture brusque, pression de service et pression de tarage)
Article original en japonaisCe guide est adapté d’un article de MONOSCOPE écrit pour les lecteurs au Japon : 安全弁の揚程式と全量式の違い|仕組み・構造と使い分け


