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202601/11

Solution d’urée en centrale : SCR, 40 % vs AdBlue 32,5 %

Maintenance et qualitéMis à jour le 01/11/202626 min de lecture

La liste d'équipements d'un fournisseur japonais de SCR demande de la 尿素水 (nyososui, solution d'urée), et la fiche technique indique 40 %. Chez vous, le produit facile à acheter est l'AdBlue® (DEF en anglais, AUS 32 dans la norme ISO 22241) à 32,5 %, et les deux semblent très proches. Ils ne sont pas interchangeables : ils apportent des quantités d'urée différentes, cristallisent à des températures différentes et peuvent répondre à des limites de qualité différentes.

En bref : une centrale stocke de la solution d'urée parce que c'est la source de l'ammoniac qui élimine les oxydes d'azote (NOx) des fumées. Sur un catalyseur de réduction catalytique sélective (SCR), cet ammoniac transforme les NOx en azote et en eau. La solution d'urée n'est ni un combustible ni de l'eau de procédé pour la production d'électricité.

Ce guide distingue la solution industrielle à 40 %, l'AdBlue®/AUS 32 et l'AUS40 marine, puis montre comment convertir les concentrations et comment l'urée devient de l'ammoniac. Il se termine par une liste de contrôle, des questions pour le côté japonais, un exemple de message et un tableau de termes japonais-français.

Sommaire
  1. Pourquoi les centrales stockent de la solution d'urée
  2. Solution d'urée à 40 % vs AdBlue 32,5 % vs AUS40
  3. Comment l'urée devient de l'ammoniac et élimine les NOx
  4. Stockage : température, matériaux et fuites
  5. Repères pour un site en France ou au Maghreb
  6. Liste de contrôle : à confirmer avant de commander ou de substituer
  7. Questions à poser au côté japonais
  8. Aide-mémoire : termes japonais des documents SCR
  9. Limites de ce guide
  10. FAQ
  11. Sources

Pourquoi les centrales stockent de la solution d'urée

Les documents d'usine japonais appellent cette fonction 脱硝 (dassho, élimination des NOx ou DeNOx). La solution d'urée en est la matière première pour le 還元剤 (kangenzai, agent réducteur), c'est-à-dire l'ammoniac. La même chimie se retrouve sur les chaudières, les turbines à gaz, les incinérateurs de déchets et les moteurs diesel, pas seulement dans les centrales électriques.

Un système SCR peut aussi fonctionner directement à l'ammoniac : l'urée est donc un choix de conception. La fiche produit de Yuken Kagaku présente la solution d'urée comme plus facile à manipuler que l'ammoniac liquéfié ou l'ammoniaque.

À la centrale de Salmisaari B, dans la ville d'Helsinki, Valmet indique que la réglementation limitait le stockage extérieur d'ammoniaque et son transport en ville. L'exploitant a donc associé un stockage d'urée, un hydrolyseur et un réacteur catalytique.

« Plus facile à manipuler » ne signifie pas « sans danger ». L'ammoniac produit à partir de l'urée doit rester maîtrisé, tout comme la solution elle-même, comme l'explique la section sur le stockage.

Solution d'urée à 40 % vs AdBlue 32,5 % vs AUS40

« Solution d'urée » recouvre au moins trois types de produits. La concentration n'est que la première différence, comme le montre le tableau.

CritèreIndustrielle 40 %AdBlue® / AUS 32AUS40
Urée (en masse)40 % nominal ; la tolérance se trouve dans la spécification du produit32,5 % typique ; plage 31,8–33,2 %40 % nominal ; plage 39,0–41,0 %
Norme de qualitéSpécification du fournisseur et exigence de l'équipement ; peut ne pas atteindre un grade ISOSérie ISO 22241Série ISO 18611
Prévue pourChaudières, turbines à gaz, incinérateurs de déchetsMoteurs dieselMoteurs diesel marins
Limite de biuret (exemple de critère de qualité)À demander au fournisseur0,3 % (m/m) max.0,8 % (m/m) max.
Les plages et les limites de biuret proviennent de fiches techniques de fournisseurs qui citent l'ISO 22241-1 et l'ISO 18611-1. Pour un usage contractuel, vérifiez-les dans les normes en vigueur.

La concentration s'entend ici toujours en pourcentage massique. La figure 1 montre ce que cela donne pour 1 000 kg de solution.

Figure 1 : pour 1 000 kg de solution, la quantité d'urée change

Chaque barre complète représente 1 000 kg de solution. La comparaison est faite en masse.

Solution d'urée à 40 %
40 %Eau 60 %
400 kg d'urée + 600 kg d'eau
Solution d'urée à 32,5 %
32,5 %Eau 67,5 %
325 kg d'urée + 675 kg d'eau

Illustre uniquement des rapports de masse. À concentration égale, les normes d'application et les limites d'impuretés peuvent différer : cette comparaison ne prouve pas que deux produits sont compatibles.

Même pourcentage, produit différent

Un même pourcentage ne rend pas deux produits équivalents. Hokkaido Mitsui Chemicals indique sur sa page produit que sa solution industrielle à 40 % pour la dénitrification ne satisfait pas à la norme marine AUS40, bien que les deux soient à 40 %.

Les fiches japonaises peuvent aussi présenter plusieurs concentrations chez un même fabricant. Ces quatre exemples montrent l'éventail que vous pouvez rencontrer :

Fournisseur japonaisDescription du produitCe que cela montre
Yuken Kagaku (油研化学)AUS 40, AUS 35 et AUS 32 à 40,0, 35,0 et 32,5 % w/w, pour les unités DeNOx de chaudières, de turbines à gaz et d'incinérateursLes concentrations industrielles ne se limitent pas à une seule valeur
Taki Chemical (多木化学)Solution d'urée pour la dénitrification des fumées, « 40 % et autres »Vérifiez le grade exact de votre commande
Hokkaido Mitsui Chemicals (北海道三井化学)Solution industrielle à 40 % pour réduire les NOx des incinérateurs et unités similaires ; ne satisfait pas à l'AUS40Même pourcentage, norme différente
Taiki Yakuhin Kogyo (タイキ薬品工業)Solution d'urée à 40 % pour la dénitrification ; la FDS indique un début de cristallisation à 0 °CLes données basse température appartiennent au produit
Exemples tirés de documents de fournisseurs japonais, sans recommandation. Les noms de fournisseurs sans nom officiel en français ou en anglais sont romanisés ici.

Lors de la commande, ne vous contentez pas du nom « solution d'urée ». Précisez la base de concentration, l'application, la norme exigée et les points du contrôle à réception, puis vérifiez que le produit répond à ce que l'équipement spécifie. Ne remplacez pas de votre propre initiative un grade par un autre, plus fort ou plus faible.

Convertir entre concentrations en masse

Si une installation a besoin de la même masse d'urée avec une autre concentration, la masse de solution change. Ce calcul répond à une question fréquente : quelle quantité de solution à 32,5 % remplace 1 000 kg de solution à 40 % ?

Masse d'urée et masse de solution nécessaire
mu = ms × w
ms = muw
Exemple : ms = 4000,325 = environ 1 231 kg
mu : masse d'urée [kg] ; ms : masse de solution [kg] ; w : fraction massique d'urée (0,40 pour 40 %).

Pour apporter les 400 kg d'urée contenus dans 1 000 kg de solution à 40 %, il faut donc environ 1 231 kg de solution à 32,5 %, soit environ 1,23 fois la masse. Les 231 kg supplémentaires sont de l'eau, qu'il faut aussi transporter et stocker.

SolutionMasse de solutionUréeEauNH3 théorique
40 %1 000 kg400 kg600 kgenviron 227 kg
32,5 %, même masse de solution1 000 kg325 kg675 kgenviron 184 kg
32,5 %, même masse d'uréeenviron 1 231 kg400 kgenviron 831 kgenviron 227 kg
Le NH3 théorique suppose une réaction complète : 2 mol de NH3 (34,06 g) par mole d'urée (60,06 g), soit environ 0,57 kg par kg d'urée.

C'est la ligne du milieu qu'il faut surveiller. Si le débit reste le même et que seule la concentration change, l'urée apportée diminue de 75 kg pour 1 000 kg de solution. Quand vous estimez des livraisons ou un stock en cuve, précisez toujours si un chiffre désigne la solution ou l'urée.

Ces chiffres comparent uniquement des masses d'urée et ne fixent aucun débit d'injection pour un équipement réel. L'élimination effective des NOx dépend aussi des conditions des fumées et du rendement de réaction.

Les litres sont un piège à part, car passer d'un volume à une masse demande la masse volumique correspondant à la concentration et à la température.

Les valeurs publiées varient : une fiche technique d'AdBlue donne 1,087–1,093 kg/L à 20 °C, une FDS japonaise d'un produit à 40 % donne 1 105–1 177 kg/m³ à 20 °C, et la page d'un autre produit japonais indique une densité de 1,14. Utilisez la valeur des documents de votre produit, et n'entrez pas de litres dans la formule ci-dessus comme s'il s'agissait de kilogrammes.

Comment l'urée devient de l'ammoniac et élimine les NOx

Un système SCR comporte trois parties à ne pas confondre : le stockage du liquide, la production et l'apport de l'agent réducteur, et le traitement des NOx sur le catalyseur. La figure 2 montre la variante où la solution d'urée est pulvérisée directement dans les fumées.

Figure 2 : la solution d'urée apporte l'agent réducteur aux fumées

Principe d'une pulvérisation directe.

Unité decombustionFumées avec NOxRéservoir d'uréeSolutiond'uréeDosageÉvaporation etdécompositionMélange NH₃Catalyseur SCRRéduit les NOxFumées traitéesVers la cheminéeSur le catalyseur : NOx → N₂ + H₂OGris : fumées / Bleu : solution d'urée

Schéma des relations entre les flux. L'indication sur le catalyseur ne montre que les produits ; les réactions figurent dans le texte. La position du catalyseur, la température de réaction et l'ordre des autres équipements de traitement des fumées varient selon l'installation.

Les fumées chargées en NOx quittent l'unité de combustion, reçoivent l'agent réducteur avant le catalyseur, réagissent sur celui-ci, puis traversent d'éventuels autres traitements avant la cheminée. Dans une centrale, l'unité DeNOx est organisée autour d'une chaudière ou d'une chaudière de récupération (HRSG). La fiche SCR de l'EPA américaine note que, sur les turbines à gaz à cycle combiné, le réacteur est souvent placé à l'intérieur de la HRSG.

De l'urée à l'ammoniac : les réactions

Quand la solution d'urée est pulvérisée dans les fumées, l'eau des gouttelettes s'évapore, l'urée se décompose thermiquement, puis l'intermédiaire s'hydrolyse. L'ammoniac issu de ces deux réactions se mélange aux fumées et arrive au catalyseur SCR.

Figure 3 : de la solution à l'agent réducteur

Le NH₃ issu de la décomposition thermique reste tel quel. Seul le HNCO passe à l'hydrolyse.

Solution d'urée (gouttelettes)H₂O s'évaporeCO(NH₂)₂Décomposition thermiqueNH₃ ①HNCOHydrolyseH₂ONH₃ ②CO₂CO₂ aux fumées2 NH₃ au totalMélangé aux fuméesPar molécule d'urée, réaction complète

Les branches bleues rassemblent les deux molécules de NH₃. Le gris représente l'eau évaporée, l'intermédiaire et le CO₂. Ce schéma de principe sépare les réactions ; il ne signifie pas que chaque étape se déroule dans une cuve distincte.

Écrites sous forme d'équations, les deux étapes donnent au total deux molécules d'ammoniac par molécule d'urée.

Formation de l'ammoniac à partir de l'urée
CO(NH₂)₂ → NH₃ + HNCO
HNCO + H₂O → NH₃ + CO₂
Bilan : CO(NH₂)₂ + H₂O
→ 2NH₃ + CO₂
HNCO est l'acide isocyanique. Si les réactions sont complètes, 1 mol d'urée donne 2 mol d'ammoniac.

Pulvérisation directe ou équipement de décomposition séparé

Toutes les installations n'injectent pas la solution directement dans les fumées. Le chapitre du manuel de coûts SCR de l'EPA indique que l'urée est généralement convertie en ammoniac avant l'injection, et des fournisseurs vendent des équipements dédiés à cette étape.

Deux exemples montrent l'éventail. Le procédé ULTRA de Fuel Tech dose l'urée dans une chambre de décomposition, puis un ventilateur envoie l'ammoniac dilué vers le SCR par une grille d'injection. L'installation d'Helsinki de Valmet utilise un hydrolyseur pour transformer la solution d'urée en ammoniac gazeux.

La différence compte quand vous lisez un document japonais. Regardez le schéma de principe du système (系統図, keito-zu) pour voir où l'ammoniac est réellement produit dans votre unité : cet emplacement détermine les pièces en contact avec le fluide et les dangers à maîtriser.

Réduction des NOx sur le catalyseur

La réaction de base pour le monoxyde d'azote (NO) fait intervenir l'ammoniac et l'oxygène. Le dioxyde d'azote (NO2) suit un autre chemin et la proportion des deux influence la réaction : des fumées réelles ne suivent donc pas une équation unique.

Réactions types sur un catalyseur SCR
4NO + 4NH₃ + O₂
→ 4N₂ + 6H₂O
6NO₂ + 8NH₃
→ 7N₂ + 12H₂O
NO : monoxyde d'azote ; NO₂ : dioxyde d'azote ; NH₃ : ammoniac ; O₂ : oxygène ; N₂ : azote ; H₂O : eau.

Certains catalyseurs reposent sur un support d'oxyde de titane avec des composants à base de vanadium et de tungstène, en forme de nid d'abeille ou de plaques. Le combustible, les propriétés des fumées et les températures déterminent le catalyseur adapté à chaque unité : posez la question au fournisseur du SCR plutôt que de supposer un type.

SCR ou SNCR : comment savoir lequel vous avez

Une cuve d'urée sur site ne révèle pas la méthode de DeNOx, car la réduction sélective non catalytique (SNCR) peut aussi utiliser de l'urée. Cherchez la présence d'un réacteur et d'un catalyseur, et vérifiez les termes employés dans les documents.

Point à vérifierSCRSNCR
Catalyseur et réacteurOui ; les fumées traversent un réacteur catalytiquePas de catalyseur
RéactifAmmoniac ou uréeSolution d'urée ou ammoniac
Lieu de la réactionEn aval de l'unité de combustion, sur le catalyseurDans les gaz chauds, à l'intérieur du foyer ou de la chaudière
Plage de températurePlus basse et plus large que le SNCRPlus haute et plus étroite ; un système d'incinérateur japonais change de point de pulvérisation selon la température des gaz
Terme dans les documents japonais触媒脱硝 (shokubai dassho), SCR無触媒脱硝 (mushokubai dassho), SNCR
D'après la fiche SCR de l'EPA, le chapitre SNCR du manuel de coûts de l'EPA et une page technique de Takuma.

Fuite d'ammoniac et mélange hétérogène

Envoyer plus d'urée n'est pas un moyen simple d'éliminer plus de NOx. Trop peu d'ammoniac laisse des NOx sans réagir ; trop d'ammoniac en envoie en aval sans avoir réagi. C'est la fuite d'ammoniac (ammonia slip) : l'EPA note qu'elle peut former des sulfates d'ammonium qui bouchent ou corrodent les équipements en aval, et qu'on peut en retrouver dans les cendres volantes.

Les limites de fuite viennent de votre autorisation d'exploiter et de votre base de conception. La fiche de l'EPA de 2003 cite 2–10 ppm comme niveaux autorisés typiques aux États-Unis, et note que la fuite augmente quand le catalyseur perd de son activité. Prenez ces chiffres comme du contexte, pas comme une limite pour votre site.

Le débit total peut être correct alors que la répartition ne l'est pas. Si la concentration en ammoniac varie sur l'entrée du catalyseur, certaines zones manquent d'ammoniac et d'autres en reçoivent trop en même temps ; une revue technique de Yanmar explique que l'évaporation et le mélange influencent fortement les performances d'élimination des NOx.

Des gouttelettes non évaporées ou des films liquides peuvent aussi laisser des dépôts qui perturbent l'injection et l'écoulement des gaz : l'évaporation compte autant que le mélange. La température, la pulvérisation et le mélange sont conçus ensemble ; cet article ne propose donc aucune température d'injection. Demandez ces valeurs au fournisseur de l'équipement.

Pour juger les résultats, comparez les NOx en sortie sur une base cohérente. Corrigez à l'oxygène pour ne pas prendre une dilution par l'air pour une élimination, et utilisez débit et concentration des fumées sur la même base, humide ou sèche.

Stockage : température, matériaux et fuites

Les conditions de stockage dépendent du produit livré et de l'équipement ; les valeurs ci-dessous sont des repères, pas des consignes de réglage. Lisez la dernière FDS de votre fournisseur et les procédures de votre site avant toute manipulation.

Échantillon de liquide limpide dans un flacon, à côté d'un appareil d'analyse
Image d'illustration du contrôle qualité. L'aspect seul ne permet pas de confirmer la concentration ni la qualité.

Limites basses température : n'empruntez pas la valeur d'un autre grade

La congélation et la cristallisation dépendent de la concentration : aucune limite basse unique ne couvre toutes les solutions d'urée. La solution à 32,5 % est la composition eutectique, celle dont le point de congélation est le plus bas de tous les mélanges urée-eau. Les solutions plus concentrées commencent à cristalliser à des températures plus élevées, comme le montre la figure 4.

Figure 4 : prenez la limite basse température dans les documents du produit lui-même

N'appliquez pas le point de congélation de l'AdBlue à une cuve de solution industrielle à 40 %.

AdBlue 32,5 %

Point de congélation d'environ −11 °C

Source : Cummins
Exemple de produit à 40 %

Début de cristallisation à 0 °C

Source : FDS de Taiki Yakuhin Kogyo
Solution d'urée à 50 %

Cristallisation à 18 °C

Source : chapitre SNCR du manuel de coûts de l'EPA

Ne transposez pas ces limites d'un produit à l'autre

La valeur de 0 °C figure dans la FDS d'un produit à 40 % ; d'autres fournisseurs peuvent publier d'autres valeurs. Aucun de ces chiffres n'est une consigne de chauffage de cuve ni une température de stockage admissible.

La congélation ne détruit pas automatiquement une solution eutectique. Un livre blanc d'OWI indique que les cycles gel-dégel n'affectent pas la qualité de l'AdBlue, parce que la concentration en urée est la même dans la phase liquide et dans la phase solide. Cela vaut pour l'AdBlue à 32,5 % ; pour toute autre concentration, vérifiez la spécification du produit et les instructions de l'équipement.

Un stockage prolongé à haute température est un risque distinct. La chaleur décompose lentement l'urée en ammoniac et en dioxyde de carbone, et la perte d'eau augmente la concentration. La FDS de Taiki demande des récipients fermés, dans un endroit frais, bien ventilé et à l'abri du soleil direct.

Vérifiez, pour chaque lot, les conditions de stockage de la FDS, la date de fabrication, ainsi que la température et la durée réelles de stockage. Ne fixez pas une durée de conservation unique pour tous les produits : demandez celle de votre produit au fournisseur.

Si des cristaux apparaissent, la cause peut être la concentration ou une contamination, et la réaction diffère. N'ajoutez pas d'eau et ne modifiez pas les conditions de chauffage de votre propre initiative. Contrôlez l'état du produit selon les instructions du fournisseur et du constructeur de l'équipement.

Les mesures de température ont elles aussi leurs limites : les instruments diffèrent par leur type, leur point de mesure et leur exactitude. Utilisez la mesure de température du liquide prévue par l'installation, pas la température extérieure.

Matériaux en contact avec le fluide : vérifiez tout le circuit

Le choix des matériaux protège contre deux défaillances : la corrosion qui provoque des fuites, et les métaux ou résidus qui contaminent la solution. Les listes publiées ne concordent pas toutes, car elles ont été écrites pour des produits et des usages différents.

  • FDS Taiki 40 % (récipients) : polyéthylène et polypropylène
  • Bulletin Cummins sur l'AdBlue (récipients) : polyéthylène, polypropylène et acier inoxydable de nuance 316 recommandés ; acier au carbone, cuivre et alliages de cuivre, zinc, plomb, alliages d'aluminium et alliages de magnésium cités comme matériaux susceptibles de se corroder
  • Chapitre SNCR de l'EPA (stockage d'urée) : plastique, acier ou acier inoxydable, mais ni cuivre, ni alliages à base de cuivre, ni raccords en zinc ou en aluminium

Notez la contradiction sur l'acier : l'EPA l'accepte pour le stockage d'urée en SNCR, alors que le bulletin Cummins déconseille l'acier au carbone. Aucune de ces listes ne garantit la compatibilité à toutes les concentrations et températures : demandez l'exigence de votre système au fournisseur de l'équipement.

La vérification couvre la cuve, la tuyauterie, les pompes, les vannes, les joints et les flexibles. Si la spécification indique de l'acier inoxydable, confirmez la nuance : le SUS304 et le SUS316 (désignations JIS) sont des matériaux différents. Ils correspondent approximativement aux nuances 1.4301 et 1.4401 de la norme NF EN 10088, mais la correspondance n'est pas exacte : faites-la confirmer par le fournisseur. Lors des remplacements en maintenance, conservez les conditions de matériau d'origine.

Un matériau compatible ne protège pas la solution contre les résidus d'un autre produit chimique ni contre les corps étrangers. Des équipements de transfert dédiés et un étiquetage clair réduisent ce risque. La FDS de Taiki avertit aussi que le contact avec l'hypochlorite de sodium ou de calcium produit du trichlorure d'azote, explosif : demandez comment les produits de nettoyage sont séparés du service urée.

Fuites, déversements et exposition

La prévention des fuites ne se limite pas à la capacité de la cuve. La figure 5 montre le périmètre à contrôler, du raccord de réception jusqu'au point d'utilisation.

Figure 5 : le périmètre va de la cuve au point d'utilisation

Considérez le niveau, les matériaux en contact, la température et la qualité comme les conditions d'un même système.

RéceptionSolution d'uréeJaugede niveauTITemp.Cuvette de rétentionPompeVannes, joints①Vers injecteur/décomposeur① Contrôler tuyauterie, pompe, vannes :parties mouillées, fuites, contamination

Schéma du périmètre à contrôler. TI désigne un indicateur de température ; le fin tube latéral représente une jauge de niveau. Il ne précise ni les dimensions de la cuvette, ni les types d'instruments, ni les seuils d'alarme, ni les procédures d'exploitation et de remise en état.

Le débordement lors d'une livraison est autant une question de gestion de stock que de matériel : le volume restant et le volume livré doivent être exprimés sur la même base. Vérifiez dans les documents de l'équipement la relation entre la capacité de la cuve et le niveau. Une inspection périodique ne garantit pas à elle seule la sécurité : l'installation doit aussi pouvoir détecter une anomalie et y répondre.

En cas de déversement, suivez la FDS du produit livré et les procédures de votre site, et ne laissez pas le liquide atteindre un cours d'eau. La dilution ne règle rien : le liquide récupéré et les outils contaminés doivent aussi être traités correctement selon les règles locales.

Une FDS peut n'indiquer aucune classification de danger SGH et demander malgré tout des précautions. La FDS de Taiki mentionne une certaine irritation de la peau et des muqueuses, cite des gants de protection et une protection oculaire, et demande un lave-yeux et une douche de sécurité là où le produit est stocké ou manipulé. Elle demande aussi une ventilation et avertit que la décomposition thermique dégage de l'ammoniac gazeux.

La solution d'urée ne résout pas non plus tous les problèmes de fumées. La corrosion à basse température liée au point de rosée acide sulfurique, par exemple, s'évalue séparément de l'élimination des NOx et de la récupération de chaleur.

Repères pour un site en France ou au Maghreb

Les points suivants relient les documents japonais à votre contexte local ; ils ne remplacent ni la spécification du constructeur ni l'avis de votre responsable HSE.

  • AdBlue® / AUS 32 : AdBlue est une marque ; la qualité du produit est définie par la série ISO 22241. Elle ne s'applique pas à une solution industrielle à 40 %.
  • Acier inoxydable : les désignations JIS (SUS304, SUS316) renvoient aux nuances de la norme NF EN 10088 (1.4301, 1.4401) de façon approchée seulement ; demandez au fournisseur de confirmer la nuance équivalente et le certificat matière.
  • Documents : demandez la FDS dans une langue que vos équipes lisent, et faites traduire les consignes de stockage du fournisseur japonais plutôt que de les interpréter.
  • Réglementation locale : selon les quantités et le procédé (notamment si de l'ammoniac est stocké ou produit), des règles d'installations classées ou de protection de l'environnement peuvent s'appliquer. Faites-le confirmer par votre responsable HSE ; pour un site au Maroc ou en Algérie, les exigences nationales et les règles du groupe doivent être vérifiées au cas par cas.

Liste de contrôle : à confirmer avant de commander ou de substituer

Utilisez cette liste quand une spécification japonaise, un devis de fournisseur local et l'équipement installé doivent tous concorder.

  • Méthode : SCR ou SNCR, confirmée par le catalyseur et le réacteur figurant sur le schéma du système
  • Production d'ammoniac : pulvérisation directe, chambre de décomposition ou hydrolyseur, et son emplacement dans le système
  • Concentration : la valeur spécifiée en pourcentage massique, avec sa tolérance
  • Norme de qualité : l'exigence applicable (spécification de l'équipement, ISO 22241, ISO 18611 ou spécification propre du fournisseur) et ses limites pour des critères comme le biuret et les métaux
  • Base des quantités : quantités exprimées en solution ou en urée, en kg ou en litres
  • Masse volumique : la valeur et la température pour votre produit, pour toute conversion de volume
  • Limite basse température : point de congélation ou début de cristallisation tiré des documents de votre produit, pas d'un autre grade
  • Matériaux en contact : cuve, tuyauterie, pompe, vannes, joints et flexibles, y compris la nuance d'acier inoxydable
  • Maîtrise de la contamination : équipements de transfert dédiés, étiquetage et séparation des produits de nettoyage
  • Documents : dernière FDS, fiche technique et certificat d'analyse ou rapport d'essai pour chaque livraison

Questions à poser au côté japonais

Envoyez-les au fournisseur du SCR ou au fournisseur de produits chimiques. Demandez des réponses écrites, surtout si les échanges passent par un interprète.

  1. Ce système est-il en SCR ou en SNCR, et où l'ammoniac est-il produit ?
  2. Quelle concentration d'urée et quelle norme de qualité l'équipement exige-t-il ? Une tolérance est-elle spécifiée ?
  3. Une autre concentration est-elle acceptable (par exemple 32,5 % au lieu de 40 %) ? Si oui, quelles modifications du débit et de la régulation sont nécessaires, et qui les approuve ?
  4. Le produit cité dans votre document est-il le seul produit approuvé, ou un produit équivalent d'origine locale est-il admis ? Que doit montrer son rapport d'essai ?
  5. Quels sont le point de congélation ou le début de cristallisation, la masse volumique et les conditions de stockage du produit spécifié ?
  6. Quels matériaux sont approuvés pour chaque pièce en contact avec le fluide, y compris les joints et les flexibles ?
  7. Quels points de contrôle à réception recommandez-vous pour chaque livraison ?
  8. Si des cristaux ou une contamination apparaissent, qui devons-nous contacter et quelles informations vous faut-il ?

Voici un court message à adapter. Il est volontairement en anglais, langue de travail la plus courante avec les fournisseurs japonais ; les noms et équipements sont des exemples à remplacer.

Subject: Confirmation of urea solution specification for [Unit name] DeNOx system

Dear [Name],

Your specification [document no.] lists 40% urea solution (尿素水) for the DeNOx system on [Unit name]. We plan to source it locally and need to confirm the following before ordering:

1. Required concentration (mass %) and tolerance
2. Required quality standard and limits for impurities
3. Whether a 32.5% product is acceptable, and any changes it would require
4. Density, crystallization temperature, and storage conditions for the specified product
5. Approved materials for wetted parts, including seals and hoses

Please send the latest SDS and spec sheet with your reply. If any item depends on the system configuration, please tell us who can confirm it.

Best regards,
[Your name, company, plant]

Aide-mémoire : termes japonais des documents SCR

Ces termes apparaissent souvent sur les fiches de spécification, les FDS et les schémas de système japonais. Les lectures sont romanisées sans marque de voyelle longue.

JaponaisLectureFrançais
尿素水 / 尿素液nyososui / nyoso-ekiSolution d'urée
脱硝 / 排煙脱硝dassho / haien dasshoÉlimination des NOx, DeNOx / dénitrification des fumées
窒素酸化物chisso sankabutsuOxydes d'azote (NOx)
還元剤kangenzaiAgent réducteur
触媒 / 脱硝触媒shokubai / dassho shokubaiCatalyseur / catalyseur DeNOx
選択触媒還元sentaku shokubai kangenRéduction catalytique sélective (SCR)
無触媒脱硝mushokubai dasshoRéduction non catalytique (SNCR)
熱分解 / 加水分解netsu bunkai / kasui bunkaiDécomposition thermique / hydrolyse
質量分率, 質量%shitsuryo bunritsu, shitsuryo pasentoFraction massique, pourcentage massique
結晶開始温度kessho kaishi ondoTempérature de début de cristallisation
凝固点gyokotenPoint de congélation
接液部setsueki-buParties en contact avec le fluide (parties mouillées)
防液堤boekiteiCuvette de rétention
受入検査ukeire kensaContrôle à réception
安全データシート (SDS)anzen deta shitoFiche de données de sécurité (FDS)
試験成績書shiken seisekishoRapport d'essai, certificat d'analyse
系統図keito-zuSchéma de principe du système
排熱回収ボイラーhainetsu kaishu boiraChaudière de récupération (HRSG)

Limites de ce guide

Ce guide explique comment lire et comparer des spécifications. Il ne donne ni débit d'injection, ni température d'injection, ni consigne de chauffage, ni température de stockage, ni procédure de remise en état, et aucun de ses calculs ne doit servir à les fixer.

Les exigences varient selon le constructeur de l'équipement, le produit et le pays. Le fournisseur du SCR, le fournisseur de produits chimiques, votre autorisation d'exploiter et la réglementation locale déterminent ce qui s'applique ; les exemples de produits ci-dessus ne sont ni des recommandations ni une liste exhaustive. Les limites ISO citées viennent de fiches techniques de fournisseurs qui renvoient aux normes : consultez la norme elle-même quand un contrat en dépend.

FAQ

Une solution d'urée industrielle à 40 % peut-elle remplacer l'AdBlue ou l'AUS40 ?

Pas par simple échange. L'AdBlue est à 32,5 % avec sa propre norme de qualité, et certains produits industriels à 40 % précisent qu'ils ne satisfont pas à l'AUS40, même à concentration égale. Choisissez un produit conforme à la concentration et à la qualité que l'équipement spécifie.

Quelle est la différence entre AUS32 et AUS40 ?

L'AUS32 est une solution d'urée à 32,5 % pour moteurs diesel, relevant de la série ISO 22241 ; l'AUS40 est une solution à 40 % pour moteurs marins, relevant de la série ISO 18611. Leurs concentrations et leurs limites d'impuretés diffèrent, comme le montrent des fiches de fournisseurs pour des critères tels que le biuret. Ni l'une ni l'autre ne correspond automatiquement à l'exigence d'une installation fixe.

Une solution d'urée gelée est-elle perdue ?

Pas forcément pour l'AdBlue à 32,5 %, dont le livre blanc d'OWI indique qu'il conserve sa qualité après des cycles gel-dégel. N'étendez pas cela aux autres concentrations : vérifiez la spécification du produit et les instructions de l'équipement.

Injecter plus d'urée élimine-t-il toujours plus de NOx ?

Non. Un excès d'ammoniac peut s'échapper en aval, et un mélange hétérogène peut créer en même temps un manque et un excès locaux. L'apport est conçu en fonction du débit des fumées, de la température, de la concentration en NOx et du catalyseur.

Peut-on comparer les solutions à 32,5 % et à 40 % en volume ?

Pas directement, car les pourcentages sont massiques. Convertissez d'abord les litres en kilogrammes avec la masse volumique correspondant à la concentration et à la température, puis comparez les masses d'urée. Des volumes égaux ne contiennent pas des quantités d'urée égales.

Sources

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À propos de la rédaction

Rédaction de MONOSCOPEFOUNDER & EDITOR

Une dizaine d’années chez un fabricant d’équipements industriels et dans une société d’ingénierie d’usines, à la proposition, à la conception et à la mise en service d’équipements, puis un passage au marketing numérique. Aujourd’hui, conseil web auprès de fabricants B2B pour les aider à expliquer clairement leurs produits et leurs technologies. Titulaire des licences nationales japonaises d’Energy Manager et d’ingénieur électricien en chef de troisième classe.

Un blog d’ingénierie tenu depuis 2017 (plus de 500 articles) et une chaîne YouTube en japonais d’environ 20 000 abonnés. Chaque guide est rédigé du point de vue de l’atelier japonais et vérifié au regard des normes citées.

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