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Tension industrielle au Japon : 200 V triphasé et 50/60 Hz

Travailler avec le JaponMis à jour le 26/10/202629 min de lecture

La plaque signalétique d'une machine venue du Japon indique « 3φ AC 200 V 50/60 Hz ». Votre usine, elle, est alimentée en 400 V triphasé, 50 Hz (réseau 230/400 V) en France ou au Maroc. Avant tout raccordement, trois questions se posent : faut-il un transformateur, les moteurs se comporteront-ils de la même façon à votre fréquence, et lesquelles de ses tensions internes (200 V, 100 V, 24 V c.c.) vous concernent réellement ?

La réponse courte : les usines japonaises alimentent couramment leurs moteurs en 200 V triphasé (et les charges plus importantes en classe 400 V), l'éclairage et les petits appareils en 100 V monophasé, et la commande en 24 V c.c. Le réseau est à 50 Hz dans l'est du Japon et à 60 Hz dans l'ouest. Une machine construite pour 200 V demandera presque toujours un transformateur abaisseur, ou une autre version du fournisseur, avant de fonctionner sur une alimentation 400 V. La fréquence est un contrôle distinct, car elle modifie la vitesse des moteurs et la charge des moteurs et des bobines à courant alternatif.

Ce guide explique les tensions japonaises que vous rencontrerez sur les plans et les plaques, les compare aux alimentations usuelles en France, au Maroc et en Algérie, montre pourquoi un même moteur absorbe deux fois moins de courant en 400 V, puis propose une liste de contrôle et un modèle de demande à envoyer au fournisseur japonais. Il indique ce qu'il faut vérifier ; ce n'est pas une procédure d'installation.

Sommaire
  1. Les tensions dans une usine japonaise
  2. Le Japon et votre usine : tensions et fréquences usuelles
  3. Pourquoi la tension change le courant et les pertes en ligne
  4. Ce que change le 50 Hz ou le 60 Hz
  5. Faut-il un transformateur ?
  6. Cadre normatif côté France et Maghreb
  7. Contrôler le circuit 24 V c.c. en bout de ligne
  8. Liste de contrôle avant de commander ou de raccorder
  9. Questions à poser au fournisseur japonais
  10. Les limites de ce guide
  11. FAQ
  12. Sources

Les tensions dans une usine japonaise

Une usine japonaise ne fonctionne pas sous une seule tension. Elle choisit l'alimentation selon la charge et selon sa propre norme de conception. Les grosses pompes et les grands ventilateurs sont des candidats pour la classe 400 V triphasée, et les moteurs d'usage général fonctionnent aussi en 200 V triphasé.

L'éclairage, les prises et les petits appareils utilisent du 100 V monophasé, tandis que les capteurs, les entrées/sorties d'automate et les relais fonctionnent en général en 24 V c.c.

La « classe 400 V » (400V級, 400 V-kyū) ne désigne pas une valeur unique. Les matériels de cette classe peuvent être donnés pour 400 V, 415 V ou 440 V ; deux éléments appelés « 400 V » ne sont donc pas forcément interchangeables. Une même machine peut aussi utiliser plusieurs tensions à la fois : une vanne motorisée, par exemple, peut recevoir 200 V pour son moteur mais une autre tension pour sa commande d'ouverture/fermeture et ses signaux d'état.

Figure 1 : puissance et commande ont des alimentations séparées

Une disposition typique dans une usine japonaise. Schéma de principe uniquement : les bornes et les protections sont omises, ce n'est pas un schéma de câblage.

Puissancetriphasée200 V ouclasse 400 VMoteurTransfo de commande100 V c.a.Alimentation 24 V24 V c.c.API, capteurs

Certaines alimentations acceptent directement du 200 V alternatif (ou une valeur voisine) : ce chemin en deux étapes n'est donc pas toujours nécessaire.

Le 24 V c.c. n'est pas simplement un transformateur plus petit. Les automates et les ordinateurs fonctionnent avec des tensions continues basses et stables, ce qui exige un redressement et une régulation en plus de l'abaissement de la tension alternative.

Pour une usine hors du Japon, cette répartition compte. Le circuit de commande en 24 V c.c. est généralement produit par une alimentation située dans l'armoire de la machine : seule la plage d'entrée de cette alimentation doit convenir à votre réseau. L'alimentation triphasée des moteurs et tout ce qui est câblé en 100 V monophasé en dépendent directement. Le 100 V japonais est inhabituel ailleurs : en France, au Maroc et en Algérie, le monophasé est à 230 V, et chaque charge en 100 V de la machine doit donc être identifiée.

50 Hz à l'est, 60 Hz à l'ouest

Le réseau japonais est divisé en deux. L'est du pays, Tokyo compris, fonctionne à 50 Hz, et l'ouest, Osaka compris, à 60 Hz. La limite court approximativement de la rivière Fuji (préfecture de Shizuoka) à Itoigawa (préfecture de Niigata), et ce n'est pas une ligne droite. Cette division date des années 1890 : Tokyo avait installé des générateurs allemands à 50 Hz, et Osaka des générateurs américains à 60 Hz.

C'est pourquoi les plaques et les fiches techniques japonaises indiquent si souvent les deux fréquences. Un fournisseur de Nagoya ou d'Osaka peut essayer une machine à 60 Hz, alors qu'un fournisseur proche de Tokyo l'essaie à 50 Hz. Ne supposez pas que « fabriqué au Japon » indique la fréquence de réglage et d'essai : posez la question.

Figure 2 : les deux fréquences du réseau japonais

Près de la limite, la fréquence peut changer d'un quartier à l'autre. La référence est le distributeur local.

Est du JaponOuest du Japon
Fréquence50 Hz60 Hz
ExemplesRégion de Tokyo, Tōhoku, HokkaidōNagoya, Osaka, Hiroshima, Kyūshū
LimiteApproximativement de la rivière Fuji (Shizuoka) à Itoigawa (Niigata) ; ce n'est pas une ligne droite
Ce que cela signifie pour vousUne machine japonaise peut avoir été réglée et essayée à l'une ou l'autre fréquence. Vérifiez laquelle, et si elle a aussi été essayée à la vôtre

« Teiatsu » (basse tension) ne veut pas dire sans danger

Les documents japonais emploient trois catégories légales de tension, issues de l'ordonnance ministérielle sur les normes techniques des installations électriques (article 2). Le 200 V et le 400 V alternatifs relèvent tous deux de la teiatsu (basse tension). Le 3 300 V et le 6 600 V alternatifs, par exemple, relèvent de la koatsu (haute tension) et sont traités autrement que la puissance en basse tension 200 V ou 400 V. Quand un document japonais parle de « haute tension », il ne s'agit donc pas de 400 V.

Figure 3 : les catégories légales de tension au Japon

D'après l'article 2 de l'ordonnance. Notez la différence entre « ou moins » et « plus de ».

CatégorieCourant alternatifCourant continu
Basse tension (teiatsu)600 V ou moins750 V ou moins
Haute tension (koatsu)Plus de 600 V jusqu'à 7 000 VPlus de 750 V jusqu'à 7 000 V
Très haute tension (tokubetsu koatsu)Plus de 7 000 VPlus de 7 000 V

Ce sont des termes juridiques japonais. En France, la basse tension en alternatif va jusqu'à 1 000 V et la HTA commence au-delà : un circuit en 690 V est donc de la koatsu au Japon mais de la basse tension en France. Les limites et les noms de votre pays font foi.

Le nom légal n'est pas un niveau de sécurité. Pour une charge résistive, la loi d'Ohm (U = RI) indique que le courant augmente avec la tension à résistance constante ; mais le corps humain ne se réduit ni à une résistance fixe ni à un seuil de courant unique séparant le sûr du dangereux.

La gravité d'une électrisation dépend de l'endroit touché, du trajet du courant, de la durée de contact et de l'humidité, et même 100 V présente un risque réel. Une tension plus basse ne dispense ni de la protection contre les contacts avec les parties actives, ni d'une mise à la terre et de protections adaptées, ni des procédures de consignation.

Le Japon et votre usine : tensions et fréquences usuelles

Le tableau ci-dessous place le Japon à côté des pays où travaillent la plupart des lecteurs francophones. Prenez-le comme point de départ : les valeurs nominales publiées et ce que vous mesurez sur site peuvent différer, et certaines listes citent encore 380 V ou 415 V là où la valeur officielle est de 400 V.

Figure 4 : alimentations triphasées usuelles par pays

Valeurs nominales issues de références publiées. Confirmez toujours la tension, la fréquence et le régime de neutre réels sur votre site.

PaysTensions triphasées courantesFréquenceRemarques
Japon200 V ; classe 400 V (400/415/440 V) pour les charges plus importantes50 Hz à l'est / 60 Hz à l'ouest100 V monophasé pour l'éclairage et les petites charges
France400 V (réseau 230/400 V), tolérance annoncée de ±10 % (360 à 440 V)50 Hz230 V monophasé entre phase et neutre
Maroc230/400 V dans les cahiers des charges de l'ONEE ; certaines listes citent encore 380 V50 HzValeur réelle à mesurer et à confirmer auprès du distributeur
Algérie230 V monophasé confirmé ; triphasé 400 V attendu, à confirmer50 HzÀ confirmer auprès du distributeur d'électricité
États-Unis (pour mémoire)480 V (277/480 V), 208 V (120/208 V), 240 V60 HzUtile si la machine vient d'un site du groupe en Amérique du Nord : les plaques de moteurs y indiquent 460 V pour un réseau 480 V

Les sources sont listées en fin d'article. Quand elles divergent, les deux valeurs sont indiquées.

Deux constats s'imposent. D'abord, une machine japonaise en 200 V ne correspond à votre réseau ni en France, ni au Maroc, ni en Algérie : il faut un transformateur ou une autre version de la machine. À l'inverse, une machine de classe 400 V dont la plaque comporte une ligne « 400 V, 50 Hz » peut convenir à la tension de votre réseau, à condition de vérifier sa plage nominale.

Ensuite, ces trois pays sont à 50 Hz, alors que le Japon a les deux fréquences. La question de la fréquence dépend donc de l'endroit où se trouve le fournisseur autant que de votre site : une machine d'Osaka a peut-être été essayée à 60 Hz uniquement.

Pourquoi la tension change le courant et les pertes en ligne

À puissance égale, une tension d'alimentation plus élevée donne un courant plus faible. C'est pourquoi les usines alimentent les gros moteurs en classe 400 V plutôt qu'en 200 V. La puissance est la quantité d'énergie électrique utilisée par unité de temps, exprimée en watts (W) ou en kilowatts (kW). En continu, c'est le produit de la tension par le courant ; en alternatif, il faut aussi tenir compte du nombre de phases et du facteur de puissance.

Puissance en courant continu
P = UI
Puissance active, alternatif monophasé sinusoïdal
P = UI cos φ
Puissance active, alternatif triphasé sinusoïdal équilibré
P = √3 UI cos φ
P : puissance active absorbée [W]. U : tension [V] (valeur efficace en alternatif ; tension composée en triphasé). I : courant [A] (valeur efficace en alternatif ; courant de ligne en triphasé). cos φ : facteur de puissance [sans dimension]. En présence de fortes distorsions ou d'un déséquilibre, ne remplacez pas la mesure par cette formule triphasée simplifiée.

À puissance active et facteur de puissance identiques, doubler la tension divise le courant par deux. Cela compare deux moteurs, chacun conçu pour sa propre tension ; cela ne signifie pas qu'on puisse appliquer 400 V à un moteur de 200 V.

Exemple : courant de ligne d'un moteur de 7,5 kW sous différentes tensions

Le chiffre en kW de la plaque d'un moteur est normalement la puissance utile nominale à l'arbre, et non la puissance électrique absorbée. Le rendement est le rapport entre la puissance à l'arbre et la puissance électrique absorbée, et le facteur de puissance est le rapport entre la puissance active et la puissance apparente. Pour déduire le courant de la puissance à l'arbre, il faut les deux.

Prenons un moteur triphasé hypothétique : 7,5 kW à l'arbre, rendement de 90 %, facteur de puissance de 0,80. Pour l'illustration, on suppose le même rendement et le même facteur de puissance dans toutes les versions de tension. Les courants nominaux réels figurent dans la fiche technique de chaque produit.

Courant de ligne triphasé à partir de la puissance à l'arbre
I = Pu√3 Uη cos φ
I200 = 7 500√3 × 200 × 0,90 × 0,80 = environ 30,1 A
I400 = 7 500√3 × 400 × 0,90 × 0,80 = environ 15,0 A
Pu : puissance utile à l'arbre [W]. η : rendement du moteur [sans dimension]. I200, I400 : courant de ligne pour chaque version de tension [A]. 7,5 kW = 7 500 W. Ce ne sont ni des courants de démarrage ni des courants à charge partielle.

Figure 5 : même puissance à l'arbre, chaque moteur sous sa tension nominale

Exemple hypothétique : 7,5 kW, rendement 90 %, facteur de puissance 0,80. Deux moteurs distincts, et non un moteur sous deux tensions.

Moteur triphasé 200 VCourant de ligne ≈ 30,1 AMoteur triphasé 400 VCourant de ligne ≈ 15,0 ALes deux : 7,5 kW à l'arbre, environ 8,33 kW absorbés

Avec un rendement de 90 %, les deux moteurs absorbent environ 8,33 kW de puissance électrique. Passer en 400 V ne divise pas la consommation d'énergie par deux : cela divise le courant par deux. La même formule donne les valeurs suivantes pour les tensions que vous pouvez rencontrer.

Figure 6 : courant de ligne du même moteur hypothétique de 7,5 kW

Mêmes hypothèses que ci-dessus (rendement 90 %, facteur de puissance 0,80), calculées pour chaque tension. Ce ne sont pas des valeurs de fiche technique.

Tension nominaleOù on la rencontreCourant de lignePertes I²R du câble par rapport à 200 V (même câble)
200 VJaponenviron 30,1 A100 %
380 VAnciennes valeurs, certaines listesenviron 15,8 Aenviron 28 %
400 VFrance, Maroc, classe 400 V japonaiseenviron 15,0 A25 %
415 VClasse 400 V japonaise, anciens réseauxenviron 14,5 Aenviron 23 %
440 VClasse 400 V japonaise à 60 Hzenviron 13,7 Aenviron 21 %

Rapport des pertes = (200 / U)². Les moteurs réels ont, selon la tension, des rendements et des facteurs de puissance différents. Utilisez les courants des fiches techniques pour dimensionner câbles et disjoncteurs.

Un courant plus faible réduit les pertes résistives du câble

La chaleur perdue dans un câble est proportionnelle au carré du courant. Avec le même matériau conducteur, la même longueur et la même section, diviser le courant par deux ramène les pertes résistives du câble au quart.

Pertes résistives d'un circuit triphasé à trois conducteurs, à résistance égale par phase
Ppertes = 3RI²
Ppertes,400Ppertes,200 = (0,5)² = 0,25
Ppertes : pertes résistives dans les trois conducteurs [W]. R : résistance d'un conducteur [Ω]. I : courant de ligne [A]. Comparaison à R identique. Les pertes internes du moteur et les pertes du transformateur ne sont pas incluses.

Figure 7 : moitié moins de courant, quatre fois moins de pertes dans le câble

Valeurs relatives, 200 V = 100. Même puissance, même facteur de puissance, même résistance de câble.

Courant de ligne200 V : 100400 V : 50Pertes câble200 V : 100400 V : 25Un câble plus fin a une résistance plus élevée : recalculer

Un courant plus faible peut permettre un câble plus fin, mais après réduction de section les pertes ne valent plus nécessairement le quart de la valeur initiale. Choisissez la section qui satisfait le courant admissible, la chute de tension, la tenue au court-circuit et les conditions de pose, puis réévaluez avec ce câble.

La chute de tension dépend aussi du courant, de la résistance et de la réactance du câble : une tension plus élevée l'atténue donc également. Ne divisez pas la section d'un câble par deux à partir du seul rapport de tensions, sans vérifier le type de circuit, le facteur de puissance et la longueur de la liaison.

Ce que change le 50 Hz ou le 60 Hz

Faire correspondre la tension ne règle que la moitié du problème. La vitesse d'un moteur asynchrone suit la fréquence d'alimentation : la vitesse de synchronisme est n = 60 × f / p (p étant le nombre de paires de pôles). Un moteur à 4 pôles (2 paires) a donc une vitesse de synchronisme de 1 500 tr/min à 50 Hz et de 1 800 tr/min à 60 Hz ; la vitesse réelle est un peu plus basse à cause du glissement.

Un catalogue japonais montre à quoi cela ressemble sur une plaque signalétique. Le moteur Mitsubishi Electric SF-PR de classe 400 V, 4 pôles, 5,5 kW, est donné pour quatre combinaisons de tension et de fréquence, chacune avec son courant et sa vitesse :

Figure 8 : un moteur, quatre régimes nominaux (exemple de catalogue)

Mitsubishi Electric SF-PR, classe 400 V, 4 pôles, 5,5 kW, d'après les spécifications en ligne du fabricant.

TensionFréquenceCourant nominalVitesse nominale
400 V50 Hz11,3 A1 465 tr/min
400 V60 Hz10,4 A1 760 tr/min
440 V60 Hz10,0 A1 765 tr/min
460 V60 Hz9,9 A1 770 tr/min

Lisez le courant et la vitesse sur la ligne qui correspond à votre tension et à votre fréquence ; ne mélangez pas des valeurs de lignes différentes. Les autres modèles et fabricants diffèrent : vérifiez la plaque réelle.

Deux conséquences en découlent. Une pompe, un ventilateur ou un convoyeur entraîné directement par le moteur tourne environ 20 % plus vite à 60 Hz qu'à 50 Hz, ce qui modifie son débit et sa charge sur le moteur. Demandez si le fournisseur a dimensionné et essayé la machine à votre fréquence.

Par ailleurs, un moteur donné uniquement pour 60 Hz n'est pas automatiquement acceptable à 50 Hz sous la même tension : le rapport tension/fréquence augmente d'environ 20 %, ce qui accroît le flux magnétique et peut faire surchauffer le moteur. Sa capacité de puissance diminue aussi. Tout déclassement ou ajustement de tension doit venir du fabricant du moteur.

Autres éléments sensibles à la fréquence

Les moteurs ne sont pas les seuls éléments à vérifier. Les bobines à courant alternatif des contacteurs, relais et électrovannes sont données pour des tensions et des fréquences précises, et les bobines alternatives et continues ne sont pas interchangeables. Les ventilateurs d'armoire à courant alternatif et tout ce qui est temporisé à partir de la fréquence du réseau méritent aussi un contrôle. Beaucoup de composants indiquent « 50/60 Hz » ; confirmez-le ligne par ligne dans la nomenclature plutôt que de le supposer.

Variateurs de fréquence

Un variateur de fréquence (VFD, appelé « inverter » dans les documents japonais) change la donne. Sa fréquence de sortie est fixée par des paramètres : le moteur placé derrière un variateur ne voit donc pas directement la fréquence de votre réseau. Deux contrôles distincts restent toutefois nécessaires.

  • Entrée : la classe de tension du variateur (classe 200 V ou classe 400 V) doit couvrir votre tension d'alimentation. Un variateur de classe 200 V ne peut pas être raccordé à un réseau 400 V.
  • Sortie vers le moteur : le variateur et le moteur doivent correspondre en tension. Mitsubishi Electric indique qu'un variateur 400 V ne doit pas entraîner un moteur 200 V, car la tension de crête en sortie du variateur peut dépasser la tension de tenue du moteur, même si le réglage de sortie est abaissé. Utilisez un variateur 200 V pour un moteur 200 V et, pour toute autre combinaison, interrogez le fabricant sur la tension de crête en sortie et sur l'isolation du moteur.

Si la machine comporte des variateurs, listez chacun avec son modèle et sa classe de tension, et demandez au fournisseur s'il existe une version de classe 400 V pour votre site.

Faut-il un transformateur ?

Adapter la machine à l'alimentation évite les équipements de conversion. Si votre usine dispose d'une alimentation 200 V et que la machine est un modèle 200 V, il se peut qu'aucun transformateur abaisseur ne soit nécessaire pour l'alimentation principale. La même logique vaut pour les petites charges : choisir un appareil en 200 V alternatif là où du 200 V alternatif est disponible peut éviter un transformateur dédié vers le 100 V. Dans la plupart des usines hors du Japon, il faut toutefois choisir entre deux options : commander la machine dans une version adaptée à votre alimentation, ou conserver la version 200 V et ajouter un transformateur abaisseur.

Figure 9 : le choix du transformateur en un coup d'œil

Un simple tri préalable. La décision finale appartient à votre ingénieur électricien et au fournisseur de la machine.

Votre alimentationMachine telle que construiteIssue probableÀ confirmer
France ou Maroc : 400 V, 50 HzTriphasé 200 VTransformateur abaisseur 400/200 V, ou version de classe 400 V à 50 HzSi tous les moteurs et variateurs existent en 400 V, 50 Hz
France ou Maroc : 400 V, 50 HzClasse 400 V, plaque avec une ligne 400 V / 50 HzRaccordement direct possible si la plage nominale couvre votre tensionPlage de tension de chaque moteur, variateur et alimentation ; écart entre la tension mesurée et la valeur nominale
France ou Maroc : 400 V, 50 HzClasse 400 V, valeurs données seulement à 60 HzPas de raccordement direct sans l'accord du fabricantRégimes nominaux à 50 Hz de chaque moteur
Algérie (triphasé à confirmer)Triphasé 200 VTransformateur abaisseur, ou version de classe 400 V à 50 HzTension triphasée mesurée sur site ; régimes à 50 Hz
Toute alimentationContient des charges en 100 V monophaséTransformateur de commande interne, ou alimentation 100 V séparée (abaisseur 230/100 V)Quelles charges sont en 100 V, et si le transformateur interne a une prise pour votre tension
Toute alimentationCommandes en 24 V c.c. uniquementPas directement concernées par la tension du réseauPlage d'entrée de l'alimentation 24 V
États-Unis : 480 V, 60 Hz (pour mémoire)Triphasé 200 VTransformateur abaisseur, ou version de classe 400 V / 460 VSi tous les moteurs et variateurs existent en 460 V, 60 Hz

Un transformateur ajoute ses propres pertes, son encombrement, ses protections et un dimensionnement en kVA (démarrage des moteurs compris). Tout cela relève de la revue de conception.

Même quand un transformateur semble plus simple, ce n'est pas le seul critère. Les pièces de rechange, une tension de commande commune dans l'usine, le remplacement en cas de panne, la protection contre les chocs électriques et le comportement lors d'une coupure d'alimentation incitent à suivre la norme électrique de votre propre site.

Lors d'un remplacement, comparez la tension, le type de courant (alternatif ou continu), le nombre de phases, la fréquence, la puissance, le courant admissible, l'isolation et les protections, et pas seulement la tension. Certains produits sont commutables entre 200 V et 400 V, mais les raccordements aux bornes et les conditions d'emploi sont fixés par la notice du produit, et non par la seule plaque signalétique.

Le choix de la tension ne règle pas tout le reste. Le maintien du service lors d'une coupure demande son propre examen de l'onduleur, et l'isolation des signaux demande celui de l'isolateur galvanique. Quand un appareil existe en versions 100 V et 200 V, comme certaines vanne motorisées, comparez aussi les signaux de commande, le courant de démarrage, la nécessité d'une conversion d'alimentation et les pièces de rechange, et pas seulement l'alimentation principale.

Cadre normatif côté France et Maghreb

En Europe, l'équipement électrique d'une machine relève de la norme NF EN 60204-1, qui s'applique aux matériels alimentés en tension nominale ne dépassant pas 1 000 V en alternatif ou 1 500 V en continu, et à des fréquences ne dépassant pas 200 Hz. Une machine japonaise destinée au marché européen est en outre soumise au marquage CE (directive Machines 2006/42/CE, remplacée par le règlement (UE) 2023/1230 applicable à partir de janvier 2027). Qui assure la conformité, et sur quelle base, se règle par contrat avec le fournisseur.

Au Maroc et en Algérie, les exigences applicables dépendent de la réglementation locale, du distributeur et du client final : demandez-les avant la commande. Les cahiers des charges marocains consultés renvoient d'ailleurs à des normes françaises comme la NF C 13-100 pour les postes de livraison, ce qui ne dispense pas de vérifier le texte en vigueur.

Deux points relèvent de votre site et non de la machine. Le régime de neutre (TT, TN-S, IT) doit être connu et communiqué au fournisseur. Les interventions sur l'installation sont réservées au personnel habilité ; en France, la norme NF C 18-510 fixe les titres d'habilitation (B0, BR, BC, etc.) et le cadre de la consignation.

Contrôler le circuit 24 V c.c. en bout de ligne

Les commandes en 24 V c.c. ne dépendent pas de votre réseau, mais elles ont leur propre limite : la chute de tension. Quand une machine japonaise est installée avec des liaisons de terrain plus longues que dans l'usine du fournisseur, une petite chute peut faire passer un appareil sous sa tension d'entrée minimale. Vérifiez non seulement le régime établi, mais aussi le courant lorsque des électrovannes et autres charges commutent en même temps, et comptez la boucle complète (aller et retour) entre l'alimentation et l'appareil.

Supposons par exemple une alimentation de 24 V, un courant de charge de 2 A et une résistance totale de boucle de 1 Ω. Le câblage fait chuter la tension de 2 V : l'appareil reçoit 22 V. Comparez cette valeur à la tension d'entrée minimale de la fiche technique de l'appareil.

Chute de tension approchée d'une boucle continue à deux fils
ΔU = IRboucle = 2 × 1 = 2 V
Ucharge = 24 − 2 = 22 V
ΔU : chute de tension dans le câblage [V]. Rboucle : résistance totale des conducteurs aller et retour [Ω]. Ucharge : tension à l'appareil [V]. Hypothèse d'une charge constante de 2 A, sans la résistance des contacts et des bornes.

Figure 10 : 24 V à l'alimentation ne veut pas dire 24 V à l'appareil

Hypothèse : 2 A dans une boucle de 1 Ω au total (aller plus retour). Ne comptez pas le retour deux fois.

Alim. c.c.24 V2 ABoucle totale 1 ΩAppareil : 22 VChute de tension 2 V (environ 8,3 % de 24 V)

Une alimentation de forte capacité peut laisser l'extrémité en sous-tension à cause de la résistance du câblage ou du courant d'appel. Avant d'augmenter la tension de sortie de l'alimentation, vérifiez la section et la longueur des câbles, la plage d'entrée admise par chaque appareil et le risque de surtension pour l'un d'eux.

Le 24 V alternatif et le 24 V continu sont deux alimentations différentes, et certains appareils en courant continu sont sensibles à la polarité : confirmez le type de tension et la polarité sur le schéma de bornes. Une alimentation 24 V c.c. n'est pas non plus automatiquement une source TBTS : cela dépend de l'isolation de la source, à faire confirmer.

Un contact sec (sans tension, mudenatsu setten) ne fournit aucune tension par lui-même : vérifiez sur le schéma de bornes le circuit d'entrée côté réception et l'éventuelle alimentation externe nécessaire. L'alimentation principale en 200 V de la machine ne dit rien de ses conditions de signaux ; examinez séparément la spécification de puissance et la spécification des entrées/sorties.

Liste de contrôle avant de commander ou de raccorder

  • Alimentation du site : tension mesurée, fréquence, nombre de phases et régime de neutre au point de raccordement
  • Alimentation principale de la machine : tension nominale, fréquence, nombre de phases et courant à pleine charge, d'après la plaque signalétique et les schémas électriques
  • Chaque moteur : combinaisons de tension et de fréquence indiquées, et courant et vitesse de la ligne qui correspond à votre alimentation
  • Chaque variateur : classe de tension d'entrée par rapport à votre alimentation, et tension du moteur par rapport à la classe de sortie du variateur
  • Charges en 100 V monophasé : lesquelles, et comment elles seront alimentées
  • Transformateur de commande : prises primaires disponibles, et si l'une correspond à votre tension
  • Bobines à courant alternatif, ventilateurs d'armoire et autres composants sensibles à la fréquence : valeur 50/60 Hz dans la nomenclature
  • Alimentation 24 V c.c. : plage d'entrée, capacité, et tension à l'appareil le plus éloigné
  • Conditions d'essai : tension et fréquence auxquelles le fournisseur a réalisé les essais de réception en usine
  • Transformateur (si nécessaire) : qui le fournit, puissance en kVA démarrage des moteurs compris, et protection
  • Règles locales : normes et agréments à satisfaire pour l'installation, et qui valide

Questions à poser au fournisseur japonais

  • La machine a-t-elle été construite et essayée à 50 Hz ou à 60 Hz ? A-t-elle aussi été essayée à notre fréquence ?
  • Pouvez-vous fournir une version de classe 400 V à 50 Hz à la place du 200 V ? Quelles pièces changeraient ?
  • Veuillez lister tous les moteurs et variateurs avec leur modèle, leur classe de tension et leurs combinaisons nominales de tension et de fréquence.
  • Quelles charges fonctionnent en 100 V monophasé, et quel est le courant total ?
  • Le transformateur de commande a-t-il une prise primaire pour notre tension d'alimentation ?
  • Si nous utilisons un transformateur abaisseur, quelle puissance (kVA) et quelle tension recommandez-vous, courant de démarrage compris ?
  • Des pièces sont-elles données pour une seule fréquence (bobines, ventilateurs, temporisateurs) ?
  • Quelle est la plage de tension d'alimentation admise pour l'ensemble de la machine ?

Modèle de demande

Copiez le modèle, complétez les crochets et envoyez-le. Nous le donnons en anglais, langue de travail la plus courante avec les fournisseurs japonais ; des questions courtes et numérotées sont plus faciles à traiter et à traduire pour un ingénieur japonais.

Subject: Supply voltage and frequency check – [machine name / PO number] Dear [name], We are preparing to install [machine name] at our plant in [country]. Our supply is [3-phase, 400 V, 50 Hz]. The drawings show 3-phase AC 200 V. Could you please answer the following: 1. Was the machine set up and tested at 50 Hz or 60 Hz? 2. Is a version for [400 V, 50 Hz] available? If so, which parts change, and how does it affect price and delivery? 3. If we keep the 200 V version, what step-down transformer rating (kVA and voltage) do you recommend? 4. Please send a list of all motors, inverters, and AC coils with their rated voltage and frequency. 5. Which loads use single-phase 100 V, and does the control transformer have a primary tap for [___ V]? Thank you for your help. Best regards, [name, company]

Les limites de ce guide

  • Le tableau des tensions repose sur des valeurs nominales publiées. Les tensions réelles, les tolérances et les régimes de neutre varient selon le site et le distributeur, et ce guide ne les couvre pas.
  • Les courants et les pertes sont calculés pour un moteur hypothétique de rendement et de facteur de puissance fixes. Les moteurs réels diffèrent selon la version de tension et le fabricant.
  • Les données du moteur Mitsubishi sont un exemple de catalogue. D'autres fabricants et d'autres modèles indiquent d'autres combinaisons.
  • Le déclassement d'un moteur à une fréquence non nominale, le dimensionnement du transformateur et des câbles, et les réglages de protection relèvent de décisions de conception de votre ingénieur électricien et du fabricant du matériel.
  • Les contrôles et remplacements doivent suivre les procédures fixées par le responsable de votre site pour la mise hors tension, l'empêchement de la remise sous tension et la vérification d'absence de tension, ainsi que la réglementation électrique locale (habilitation incluse). Méfiez-vous des alimentations séparées, des sorties d'onduleur et de l'énergie stockée dans les équipements, et assurez-vous d'avoir identifié toutes les alimentations de la zone de travail.

FAQ

Quelle tension utilisent les usines japonaises ?

Le plus souvent du 200 V triphasé pour les moteurs, de la classe 400 V (400, 415 ou 440 V) pour les charges plus importantes, du 100 V monophasé pour l'éclairage et les petits appareils, et du 24 V c.c. pour la commande. La fréquence est de 50 Hz dans l'est du Japon et de 60 Hz dans l'ouest.

Puis-je alimenter une machine japonaise en 200 V sur un réseau 400 V ?

Pas directement. Ne raccordez jamais une tension supérieure à la valeur nominale, sauf si la machine est explicitement prévue pour elle. Utilisez un transformateur abaisseur dimensionné par votre ingénieur, ou demandez au fournisseur une version de classe 400 V à 50 Hz, et confirmez le câblage, la fréquence et les réglages de protection dans les documents du fabricant.

Un moteur japonais 60 Hz fonctionnera-t-il en 50 Hz ?

Seulement s'il est donné pour 50 Hz. Beaucoup de moteurs japonais indiquent les deux fréquences, avec des valeurs de courant et de vitesse distinctes. Un moteur donné uniquement pour 60 Hz tourne environ 17 % plus lentement à 50 Hz et, sous la même tension, son flux augmente et il peut surchauffer : demandez l'avis du fabricant avant de l'utiliser.

Le 400 V est-il de la « haute tension » au Japon ?

Non. Selon l'ordonnance japonaise sur les installations électriques, le courant alternatif jusqu'à 600 V est de la teiatsu (basse tension) : le 400 V en fait donc partie. Ce nom ne signifie pas qu'on peut le toucher sans risque : la protection contre les contacts et la consignation s'appliquent toujours.

Le 24 V c.c. est-il sans risque d'électrisation et d'incendie ?

Pas automatiquement. Une basse tension a des avantages, mais elle ne rend pas à elle seule un circuit sûr. Un court-circuit peut encore faire circuler un courant important : vérifiez les caractéristiques de protection de l'alimentation et la protection de chaque départ.

Sources

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À propos de la rédaction

Rédaction de MONOSCOPEFOUNDER & EDITOR

Une dizaine d’années chez un fabricant d’équipements industriels et dans une société d’ingénierie d’usines, à la proposition, à la conception et à la mise en service d’équipements, puis un passage au marketing numérique. Aujourd’hui, conseil web auprès de fabricants B2B pour les aider à expliquer clairement leurs produits et leurs technologies. Titulaire des licences nationales japonaises d’Energy Manager et d’ingénieur électricien en chef de troisième classe.

Un blog d’ingénierie tenu depuis 2017 (plus de 500 articles) et une chaîne YouTube en japonais d’environ 20 000 abonnés. Chaque guide est rédigé du point de vue de l’atelier japonais et vérifié au regard des normes citées.

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