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202626/10

Lire un programme d’automate japonais : Mitsubishi X/Y/M/D

Plans et spécificationsMis à jour le 26/10/202627 min de lecture

Une machine construite au Japon s'arrête sur votre ligne, en France, au Maroc ou en Thaïlande. Vous branchez un PC portable sur l'automate, vous ouvrez le programme et vous trouvez, barreau après barreau, des contacts nommés X1A, M120 et D200. Les commentaires sont en japonais, ou bien ils s'affichent sous forme de points d'interrogation et de symboles aléatoires. Le langage à contacts vous est familier, mais les noms, la numérotation et les commentaires ne le sont pas.

En bref : la plupart des programmes des constructeurs de machines japonais sont écrits en langage à contacts (« ladder »). Sur les automates Mitsubishi, chaque adresse est un « device » dont la lettre indique la nature : X pour les entrées, Y pour les sorties, M pour les relais internes, D pour les registres de données. Une fois que vous connaissez les lettres, les règles de numérotation (certaines sont en hexadécimal ou en octal, pas en décimal) et une courte liste de termes japonais des commentaires, vous pouvez remonter à la cause d'un arrêt sans attendre le constructeur.

Ce guide s'adresse aux techniciens de maintenance, aux automaticiens et aux acheteurs hors du Japon. Il explique le cycle de scrutation d'un automate, la place du ladder chez les constructeurs japonais, la lecture des noms de devices Mitsubishi, les noms équivalents chez Omron, Keyence, Siemens et Schneider Electric, les conventions japonaises des schémas et des commentaires, et ce qu'il faut faire quand les commentaires sont illisibles. Il se termine par une liste de documents à demander au constructeur avant l'expédition de la machine.

Sommaire
  1. Ce que fait un automate : entrées, logique, sorties
  2. Pourquoi les machines japonaises sont surtout programmées en ladder
  3. Les devices Mitsubishi : X, Y, M, D et les autres
  4. Les mêmes notions chez Omron, Keyence, Siemens et Schneider Electric
  5. Les conventions japonaises du ladder
  6. Quand les commentaires sont illisibles ou absents
  7. Remonter la cause d'un arrêt dans le ladder
  8. Liste de contrôle : ce qu'il faut obtenir du constructeur japonais
  9. Limites de ce guide
  10. FAQ
  11. Sources

Ce que fait un automate : entrées, logique, sorties

Un automate programmable industriel (API, « PLC » en anglais) est un calculateur industriel qui lit les signaux de capteurs et d'interrupteurs, puis pilote moteurs, vannes et voyants selon son programme. Au Japon, on l'appelle aussi « séquenceur » (shikensa) ou « contrôleur programmable » : attendez-vous à voir les trois termes sur les plans et les manuels japonais. Keyence le décrit comme un micro-ordinateur doté d'un processeur et d'une mémoire, qui commande des organes de sortie à partir des signaux d'organes d'entrée. Il est conçu pour fonctionner dans des conditions plus sévères qu'un ordinateur ordinaire : poussière, vibrations, parasites électriques, variations de température, pendant des années sans s'arrêter.

Les automates ont remplacé les armoires remplies de relais électromagnétiques. Modifier une séquence de commande revient donc, en général, à modifier le programme plutôt qu'à recâbler. Une tâche typique est la commande séquentielle (shikensu seigyo) : enchaîner des étapes dans un ordre fixe lorsque les conditions sont remplies. Exemple : « quand le bouton de démarrage est actionné, le convoyeur démarre ; quand le capteur détecte une pièce, il s'arrête ».

Figure 1 : l'automate au centre de la commande de la machine

L'automate lit les signaux des organes d'entrée et commande les organes de sortie selon son programme.

Organes d'entrée (X)Boutons-poussoirs, détecteurs photoélectriques, interrupteurs de fin de course
Signaux TOR (ON/OFF), valeurs analogiques
Automate (module CPU)Évalue les conditions et fixe les sorties selon le programme
Ordres
MoteursEntraînent convoyeurs et transferts
ÉlectrovannesActionnent les vérins pneumatiques
Voyants et avertisseursSignalent l'état et les défauts

Les lettres entre parenthèses sont les noms de devices chez Mitsubishi. Les IHM (pupitres tactiles) et les PC superviseurs se raccordent par des modules de communication ou par le réseau.

Un automate modulaire type comprend un module CPU qui exécute le programme, ainsi qu'un module d'alimentation, des modules d'entrées et des modules de sorties. Les sorties existent en plusieurs technologies, notamment relais et transistor, à choisir selon la tension et la vitesse de réponse des appareils raccordés. Le constructeur ajoute si besoin des modules de communication, des modules de positionnement pour servomoteurs ou moteurs pas à pas, et des modules d'E/S analogiques pour la température ou la pression : on étend donc les fonctions en ajoutant ou en remplaçant des modules.

Les automates compacts regroupent alimentation, CPU et E/S dans un seul boîtier et sont courants sur les petites machines autonomes. Pour relier chaque borne physique à son adresse, il faut la liste d'E/S du constructeur ; voir aussi l'article sur la lecture d'une liste d'E/S japonaise (DI/DO, AI/AO, PI/PO).

Le cycle de scrutation et son importance en dépannage

Un automate ne réagit pas aux entrées une par une. Il lit toutes les entrées d'un coup, exécute le programme de haut en bas, écrit toutes les sorties d'un coup, puis recommence. Un tour complet s'appelle un cycle de scrutation (« scan »), et le temps de cycle se compte généralement en millisecondes.

Figure 2 : le cycle de scrutation de l'automate

L'automate répète ces trois étapes en un cycle, dont la durée se mesure en millisecondes.

Un cycle
01Lecture des entréesSaisit l'état de toutes les entrées en une fois et le range en mémoire
02Exécution du programmeExécute les instructions de haut en bas et détermine l'état de chaque sortie
03Écriture des sortiesEnvoie les résultats aux modules de sorties en une fois

En pratique, l'autodiagnostic et la communication sont aussi traités à l'intérieur de chaque cycle.

Cela compte lorsque vous observez un programme en ligne : un signal qui reste actif moins longtemps qu'un cycle peut passer totalement inaperçu. Plus le programme grossit, plus le temps de cycle peut s'allonger et ralentir la réponse de la machine. C'est pourquoi les constructeurs utilisent des modules de comptage rapide dédiés pour compter des impulsions rapides. Quand un signal bref semble ignoré, vérifiez le temps de cycle avant de soupçonner le capteur.

Pourquoi les machines japonaises sont surtout programmées en ladder

La norme internationale des langages de programmation des automates est la CEI 61131-3 (IEC 61131-3), reprise en France sous la référence NF EN 61131-3. Jusqu'à sa troisième édition, elle définissait cinq langages : trois graphiques (LD, FBD, SFC) et deux textuels (IL, ST). La première édition date de 1993 ; la quatrième, publiée en mai 2025, a supprimé l'IL.

Figure 3 : les langages de programmation de la CEI 61131-3

Des langages graphiques et des langages textuels, chacun adapté à des usages différents.

LD (langage à contacts, « ladder »)Langage graphique qui remplace les circuits à relais. Le plus répandu au Japon
FBD (schéma par blocs fonctionnels)Relie des blocs comme des composants. Le flux de données se suit facilement
SFC (diagramme fonctionnel en séquence)Représente les étapes du procédé et les conditions de passage de l'une à l'autre. Issu du GRAFCET
ST (texte structuré)Langage textuel proche du Pascal. Adapté au calcul et au traitement de données
IL (liste d'instructions)Langage textuel proche de l'assembleur. Déconseillé dans l'édition 3, supprimé dans l'édition 4 (2025)

D'après Omron, « Caractéristiques de la CEI 61131-3 » (en japonais).

Dans les ateliers japonais, le ladder domine. Un schéma à contacts place des contacts et des bobines sur des barreaux horizontaux entre deux rails verticaux d'alimentation, d'où son nom d'échelle. Comme il se transpose presque un pour un depuis les schémas à relais, il est aussi facile à lire pour le personnel de maintenance électrique.

L'enquête 2024 de la JEMA (Japan Electrical Manufacturers' Association) auprès des utilisateurs d'automates a interrogé les sites de constructeurs de machines ayant déjà adopté la CEI 61131-3 sur les langages qu'ils utilisent. Même parmi ces sites, 88,9 % utilisaient le ladder, contre 37,8 % pour le FBD et 28,9 % pour le ST. Les constructeurs ajoutent le ST pour le calcul et le traitement de données, et le FBD pour montrer l'enchaînement de la commande, mais le ladder reste la base.

Figure 4 : langages utilisés par les constructeurs de machines japonais

Le ladder est le langage de base ; certains constructeurs y associent le FBD ou le ST.

LD (langage à contacts)88,9 %
FBD (blocs fonctionnels)37,8 %
ST (texte structuré)28,9 %

Réponses des sites de constructeurs de machines ayant adopté la CEI 61131-3 (plusieurs réponses possibles). Source : JEMA, enquête 2024 auprès des utilisateurs d'automates (mars 2025, en japonais).

Dans la même enquête, 86,4 % des sites de constructeurs répondants achetaient leurs automates auprès d'un à trois fabricants seulement. Les outils de programmation, les jeux d'instructions et les réseaux diffèrent d'une marque à l'autre : les constructeurs tendent donc à se standardiser sur quelques marques. Si vous avez une marque imposée, indiquez-la dans le cahier des charges d'achat. Pour comparer les principales marques, voir l'article sur Mitsubishi, Keyence, Omron et Siemens.

Les devices Mitsubishi : X, Y, M, D et les autres

La série MELSEC de Mitsubishi Electric est très répandue au Japon, vous la rencontrerez donc souvent sur des équipements japonais. Dans un programme MELSEC, chaque entrée, sortie, bit et registre est un device (en japonais, debaisu), que l'on peut traduire par « opérande ». La lettre indique le type, le numéro indique lequel. Le tableau ci-dessous reprend les devices les plus fréquents sur les CPU des séries Q, L et iQ-R.

DeviceNomRôleNumérotation
XEntréeSignal d'entrée physique (bouton, capteur, fin de course)Hexadécimale (octale sur FX)
YSortieSortie physique (contacteur, électrovanne, voyant)Hexadécimale (octale sur FX)
MRelais interneBit interne pour la logique, par exemple « prêt » ou « étape terminée »Décimale
LRelais à mémorisation (latch)Bit interne qui conserve son état après une coupure d'alimentationDécimale
BRelais de liaisonBit partagé avec d'autres stations par le réseauHexadécimale
FRelais de signalisation (annunciator)Bit servant à signaler les défautsDécimale
T / CTemporisateur / compteurTemporisateurs et compteurs, chacun avec un contact, une bobine et une valeur couranteDécimale
DRegistre de donnéesMot de 16 bits pour les valeurs numériques : consignes, comptages, valeurs de recetteDécimale
WRegistre de liaisonMot partagé avec d'autres stations par le réseauHexadécimale
SM / SDRelais spécial / registre spécialBits et mots système fournis par la CPU pour l'état et le diagnosticDécimale

Les plages de devices et la liste complète varient selon le modèle de CPU et les paramètres : considérez ce tableau comme une aide à la lecture, pas comme une spécification. La liste de référence figure dans le manuel de programmation de la CPU de votre machine, et dans GX Works les plages se règlent dans les paramètres de l'automate.

Pourquoi X7 est suivi de X10 sur une machine et de X8 sur une autre

La base de numérotation déroute beaucoup d'ingénieurs devant leur première machine Mitsubishi. Sur la série compacte FX, X et Y sont numérotés en octal : les entrées vont de X0 à X7, puis de X10 à X17. La FAQ de Mitsubishi donne l'exemple de Y7 suivi de Y10, et de Y77 suivi de Y100. X8 et X9 n'existent pas sur un FX. Sur les CPU Q, L et iQ-R, X et Y sont en hexadécimal : X7 est suivi de X8, X9, XA à XF, puis X10. M et D restent en décimal sur toutes ces séries.

Figure 5 : le même nombre d'entrées, deux systèmes de numérotation

Seize entrées sur une CPU FX et sur une CPU Q/iQ-R sont adressées différemment.

Série FX (octal)X0 X1 X2 X3 X4 X5 X6 X7
X10 X11 X12 X13 X14 X15 X16 X17
Séries Q / L / iQ-R (hexadécimal)X0 X1 X2 X3 X4 X5 X6 X7
X8 X9 XA XB XC XD XE XF

« X10 » est donc la 9e entrée sur une CPU FX, mais la 17e sur une CPU Q ou iQ-R. Vérifiez le modèle de CPU avant de rapprocher les adresses des bornes.

Quand vous comparez une adresse du programme avec le numéro d'une borne du module d'E/S ou une ligne de la liste d'E/S, vérifiez d'abord la série de la CPU. Une erreur à ce stade est l'un des moyens les plus simples de se retrouver à mesurer sur la mauvaise borne.

Constantes et instructions courantes

Les nombres écrits dans les instructions portent un préfixe. K désigne une constante décimale et H une constante hexadécimale : K100 vaut cent, H100 vaut 256. On le voit souvent sur les temporisateurs. Une consigne K50 correspond à 50 unités de la base de temps du temporisateur : 5,0 secondes avec un temporisateur de 100 ms, mais une autre durée avec un temporisateur de 10 ms. La base de temps dépend de la CPU et des réglages, vérifiez-la avant de supposer un délai.

Quelques instructions apparaissent dans presque tous les programmes Mitsubishi :

  • SET / RST : mettent un bit à 1 et l'y maintiennent (mémorisation), ou le remettent à 0. Un bit qui reste actif après la disparition de sa condition est souvent maintenu par un SET.
  • PLS / PLF : activent un bit pendant un cycle sur le front montant (PLS) ou le front descendant (PLF) d'une condition. Ces impulsions d'un cycle se manquent facilement en observation en ligne.
  • MOV : copie une valeur, par exemple une constante comme K100 dans D0, ou D0 dans D10.

Deux registres D consécutifs peuvent contenir une valeur sur 32 bits : une valeur dans D200 peut donc se poursuivre dans D201. Vérifiez l'instruction avant de lire un registre isolément.

Les mêmes notions chez Omron, Keyence, Siemens et Schneider Electric

Même si la plupart des grands fabricants indiquent que leur logiciel est conforme à la CEI 61131-3, les noms d'adresses diffèrent d'une marque à l'autre. Si votre usine exploite des équipements de plusieurs constructeurs japonais, vous verrez probablement plus d'un système de nommage.

Mitsubishi MELSECOmron CS/CJ/CPKeyence KVSiemens S7 (pour comparaison)Schneider Electric (indicatif)
Entrées et sortiesX (entrée), Y (sortie)Zone CIO, par ex. 0.00R (entrées, sorties et relais internes)I (entrée), Q (sortie)%I (entrée), %Q (sortie)
Bits internesMW (zone de travail)MR (relais auxiliaire interne)M%M
Bits rémanentsL (relais à mémorisation)H (zone de maintien)LR (relais à mémorisation)——
Mots de donnéesDD (mémoire de données, « DM »)DM (mémoire de données), EM (extension)DB (blocs de données), MW%MW
Style d'adresseLettre + numéroMot.bit (bits 00 à 15)Lettre + numéroOctet.bit, par ex. I0.0Pourcent + type + numéro, par ex. %I0.1

Quelques repères facilitent le passage d'une marque à l'autre :

  • Omron : les programmes CS/CJ et CP utilisent le format mot.bit. CIO 0.00 est le mot 0, bit 00, et les bits vont de 00 à 15 dans chaque mot. Les contrôleurs NJ/NX plus récents, programmés avec Sysmac Studio, utilisent des variables nommées plutôt que des adresses fixes.
  • Keyence : les automates KV utilisent R à la fois pour les entrées, les sorties et les relais internes. La lettre seule ne permet donc pas de savoir si un device R est un point d'E/S physique. Le KV-8000 possède aussi des relais de commande (CR) et une mémoire de commande (CM) pour les fonctions système.
  • Siemens : les adresses suivent le format octet.bit. Avec les mnémoniques allemands, les entrées s'écrivent E et les sorties A au lieu de I et Q. Le programme est le même ; seul le réglage d'affichage change.
  • Schneider Electric : le tableau est donné à titre indicatif, car la notation exacte dépend de la gamme et du logiciel. Reportez-vous à la documentation du modèle concerné.
  • Les projets Mitsubishi récents sous GX Works3 peuvent aussi utiliser des labels (variables nommées). Les devices sous-jacents existent toujours : vous pouvez donc voir les deux.

Une même marque peut aussi différer d'une série ou d'une génération de logiciel à l'autre. Avant de lire ou de convertir un programme, confirmez le modèle de CPU et la version du logiciel avec laquelle il a été écrit.

Les conventions japonaises du ladder

Contacts a, contacts b et circuit d'auto-maintien

Les plans et programmes japonais appellent un contact à fermeture (normalement ouvert, NO) un contact a (a接点, a-setten) et un contact à ouverture (normalement fermé, NF) un contact b (b接点, b-setten). Pour la façon dont ces termes apparaissent dans les listes de signaux, voir l'article sur la liste d'E/S japonaise.

L'un des premiers circuits enseignés en ladder est le circuit d'auto-maintien (自己保持回路, jiko-hoji kairo). Un bouton-poussoir revient à l'état OFF quand on le relâche : seul, il ne ferait tourner le moteur que tant qu'on l'appuie. La solution consiste à placer un contact de la sortie du moteur en parallèle avec le bouton de démarrage. Une impulsion met la sortie à 1, puis son propre contact la maintient. Un contact d'arrêt placé en série interrompt le maintien. Ce circuit date de l'époque des relais et apparaît presque à l'identique dans le ladder des automates : vous le trouverez au cœur de nombreux programmes de machines.

Figure 6 : un circuit d'auto-maintien tel qu'on peut le voir dans un programme japonais

Exemple fictif. Numéros de devices au-dessus de chaque élément ; commentaire japonais et sa traduction en dessous.

X0X1M10Y20Y20起動PB停止PB運転準備完了搬送機駆動(contact d'auto-maintien)BP marcheBP arrêtPrêtMoteur convoyeur(0)

Bouton de démarrage X0 (contact a) en parallèle avec le contact d'auto-maintien Y20 ; bouton d'arrêt X1 (contact b) et M10 « prêt » en série ; Y20 commande le contacteur du moteur du convoyeur. « (0) » est le numéro de pas au début du barreau. BP = bouton-poussoir. Le fait que le bouton d'arrêt apparaisse comme contact a ou b dans le programme dépend de son câblage : consultez le schéma électrique.

Ce dernier point piège souvent. Un contact du programme teste l'état du bit d'entrée, pas celui de l'interrupteur physique. Si le bouton d'arrêt est câblé en contact à ouverture, le programme peut afficher X1 comme contact a, puisque l'entrée est à 1 tant que le bouton n'est pas actionné. Lisez donc le programme et le schéma électrique ensemble.

Les fonctions de sécurité, comme l'arrêt d'urgence, sont généralement réalisées avec des relais de sécurité ou un automate de sécurité distincts de l'automate standard. Ne vous fiez pas au seul ladder pour juger du bon fonctionnement d'un circuit d'arrêt d'urgence : appliquez les procédures de santé-sécurité de votre site et impliquez le responsable de la conception sécurité de la machine.

Les termes japonais dans les commentaires

GX Works permet d'associer trois types de texte : des commentaires de device sur chaque device, des statements qui décrivent un barreau ou un bloc, et des notes. Les constructeurs japonais écrivent souvent les trois en japonais, parfois en katakana demi-chasse (par exemple « konbeya » pour « convoyeur »). Les termes ci-dessous reviennent sans cesse dans les programmes de machines. Copier un commentaire inconnu dans un outil de traduction fonctionne généralement, mais les connaître permet de parcourir un programme rapidement.

JaponaisRomajiSens dans un programme
起動 / 停止kido / teishiMarche / arrêt
運転 / 運転中unten / untenchuFonctionnement / en fonctionnement
自動 / 手動jido / shudoMode automatique / manuel
原点 / 原点復帰genten / genten fukkiPosition d'origine / retour à l'origine
非常停止hijo teishiArrêt d'urgence
異常ijo (et « ijo risetto » pour la remise à zéro du défaut)Défaut / réarmement du défaut
完了 / 準備完了kanryo / junbi kanryoTerminé / prêt
検出 / 有無kenshutsu / umuDétecté / présence (pièce présente ou non)
前進 / 後退zenshin / kotaiSortie / rentrée (vérins)
上昇 / 下降josho / kakoMontée / descente
端 (前進端 / 後退端)tan (zenshin-tan / kotai-tan)Fin de course (vérin sorti / vérin rentré), généralement un capteur ou un interrupteur de fin de course
自己保持jiko-hojiAuto-maintien
(écrit en katakana)intarokkuVerrouillage (interlock), emprunt à l'anglais
(écrit en katakana)taimu appuTemporisation écoulée

La formulation des commentaires n'est pas normalisée. Chaque constructeur, et souvent chaque programmeur, a ses habitudes, et les abréviations sont courantes. Utilisez ce tableau comme point de départ, et interrogez le constructeur quand un commentaire sur un barreau important n'est pas clair.

Quand les commentaires sont illisibles ou absents

Si les commentaires s'affichent sous forme de points d'interrogation ou de symboles aléatoires, le logiciel ne sait pas afficher les caractères japonais. Le bulletin technique FA-A-0082 de Mitsubishi indique que la version anglaise de GX Works2 ne prend pas en charge les caractères codés sur deux octets ni les katakana demi-chasse. Les données de projet créées dans la version japonaise avec ces caractères peuvent donner des statements et des labels illisibles, ne pas s'ouvrir si le nom du projet est en japonais, et provoquer des erreurs de compilation si les labels sont en japonais. Le bulletin recommande de remplacer ces caractères par des caractères alphanumériques sur un octet.

Il existe de meilleures solutions, selon le logiciel :

  • GX Works2 : d'après la FAQ de Mitsubishi, on peut créer des commentaires de device en anglais et en japonais et passer de l'un à l'autre dans les options de l'outil. La langue des données de projet (commentaires de device, statements, notes) peut aussi être choisie.
  • GX Works3 : l'éditeur de commentaires de device gère plusieurs jeux de commentaires, un par langue, et vous choisissez celui qui s'affiche. Mitsubishi présente cette fonction comme un moyen pour le personnel japonais et étranger de travailler sur un même projet.
  • L'origine du problème : la solution la plus fiable se situe en amont. Demandez au constructeur de livrer le projet avec un jeu de commentaires en anglais, dans la version du logiciel que votre équipe utilise.

Les commentaires peuvent aussi manquer complètement. Un programme qui dépend du style d'une seule personne, avec peu de commentaires et sans dossier de conception, demande beaucoup plus de temps à dépanner ou à modifier une fois cette personne partie. Demandez si les commentaires n'existent que dans le fichier de projet du constructeur ou s'ils ont aussi été écrits dans la CPU, et obtenez dans tous les cas le fichier de projet complet.

Remonter la cause d'un arrêt dans le ladder

C'est en lisant le programme en ligne que ces conventions deviennent utiles. À la mise en service, l'automaticien du constructeur charge le programme, contrôle les points d'E/S un par un et ajuste les temporisations en faisant tourner la machine. Après la réception, quand une machine s'arrête, le personnel de maintenance relie le logiciel de programmation à l'automate et observe le programme en fonctionnement. Le ladder montre si un capteur ne répond pas ou si une condition n'est pas remplie : savoir le lire peut réduire fortement le temps de remise en service.

Voici un exemple fictif reprenant le barreau de la figure 6. Le convoyeur ne démarre pas. En ligne, vous appuyez sur le bouton de démarrage et vous voyez X0 passer à 1, mais Y20 reste à 0. Le contact X1 laisse passer : l'entrée du bouton d'arrêt n'est donc pas ce qui bloque le barreau. M10 « 運転準備完了 » (prêt) est à 0. Vous cherchez le barreau qui met M10 à 1 et vous trouvez plusieurs conditions en série. L'une d'elles est X1F, commentée « 原点 » (position d'origine), et elle est à 0. Le problème est désormais physique : le capteur d'origine du transfert, ou bien le transfert n'est pas à l'origine. Vous contrôlez le capteur avant de toucher au programme.

Figure 7 : remonter depuis une sortie qui ne s'active pas

Partez de la sortie et remontez jusqu'à la première condition non remplie.

01Repérer la sortieLocaliser le device Y qui devrait être actif (à l'aide de la liste d'E/S ou des commentaires)
02Trouver le contact ouvertSur son barreau, voir quel contact ne laisse pas passer le courant
03Suivre les bits internesS'il s'agit d'un device M, L ou T, chercher le barreau qui le commande et recommencer
04Arriver à une entrée XQuand le contact bloquant est un device X, contrôler l'appareil de terrain et le câblage
05Vérifier les donnéesSi une condition de comparaison est fausse, contrôler les valeurs des registres D et remonter aux instructions (comme MOV) qui y écrivent
06Consigner et rapporterNoter les devices et la cause pour que le constructeur et votre équipe puissent confirmer

Démarche générale, fictive. Les règles de votre site sur l'observation en ligne, le forçage et les modifications de programme s'appliquent.

L'observation ne fait que lire le programme. Forcer des bits, écrire des modifications en ligne ou charger un programme modifié peut mettre la machine en mouvement : ces actions relèvent des règles de gestion des modifications et de santé-sécurité de votre site, pas d'un réflexe de dépannage. Si le programme provient du constructeur et que la machine est encore sous garantie, convenez avant la mise en service de qui peut le modifier.

Lire un programme en ligne n'exige pas d'ouvrir l'armoire, mais dès que vous intervenez sur l'équipement, appliquez les règles de votre site, notamment celles sur l'habilitation électrique. En France, la norme NF C 18-510 sert de référence ; ailleurs, ce sont les règles locales. Confirmez-les auprès de votre service santé-sécurité.

Liste de contrôle : ce qu'il faut obtenir du constructeur japonais

La plupart des difficultés décrites plus haut peuvent être évitées au stade de l'achat et de la réception. Ajoutez les points ci-dessous au cahier des charges d'achat ou à la liste de contrôle des essais de réception en usine (FAT).

  • Marque de l'automate, modèle de CPU et série (FX ou Q/L/iQ-R : cela change la numérotation de X/Y)
  • Fichier de projet complet, avec le nom et la version du logiciel de programmation utilisé
  • Commentaires de device, statements et notes en anglais (un jeu de commentaires anglais distinct convient), sans caractères japonais dans les noms de projet ou de labels
  • Liste d'E/S reliant chaque adresse X et Y aux bornes, aux appareils de terrain et aux numéros de plans
  • Cartographie des devices expliquant l'usage des principales plages M, L et D (par exemple, quels registres D contiennent les consignes et les recettes)
  • Liste des défauts reliant chaque message d'alarme de l'IHM au device qui le déclenche
  • Schémas électriques montrant le câblage de chaque entrée (contact a ou contact b)
  • Bases de temps des temporisateurs et signification des principales consignes
  • Mot de passe ou protection éventuels du programme, et détenteur du mot de passe
  • Règles de modification : qui peut modifier le programme, et comment les modifications sont consignées et transmises

Modèle de demande au constructeur

Les constructeurs japonais travaillent le plus souvent en anglais avec leurs clients étrangers : le texte ci-dessous est donc à envoyer en anglais. Adaptez-le à votre commande ou à votre cahier des charges, et gardez des phrases courtes pour qu'elles se traduisent bien.

Subject: PLC program documentation for [machine name / order number]

Please include the following in the delivery documents for the PLC:
1. The full PLC project file and the software name and version used.
2. Device comments in English for all X, Y, M, L, D, T, and C devices used. Please do not use Japanese characters in project names or label names.
3. The I/O list, the electrical drawings, and a list of HMI alarm messages with their trigger devices.
4. A short explanation of the main M and D ranges (for example, setpoints and recipe data).
Please tell us if any item is difficult, and when you can send it. Thank you.

Limites de ce guide

  • Les noms de devices, les plages, la numérotation et les bases de temps des temporisateurs varient selon la série, le modèle de CPU et les paramètres. Les tableaux sont des aides à la lecture. Consultez toujours le manuel de programmation de la CPU de votre machine.
  • La plupart des grands fabricants indiquent que leur logiciel est conforme à la CEI 61131-3, mais les programmes réels reposent sur des instructions et des réglages propres à chaque marque. Convertir un programme vers une autre marque demande un vrai travail d'ingénierie, pas une simple conversion de fichier.
  • La formulation des commentaires et la structure des programmes varient selon le constructeur et le programmeur. Les termes japonais listés sont courants, mais pas normalisés.
  • Un automate n'est pas adapté au stockage et à l'analyse de grandes quantités de données ni au traitement d'images : ces tâches reviennent à des PC superviseurs, à des serveurs ou à des systèmes de contrôle par vision. Le raccordement des automates aux réseaux de l'usine comporte aussi des risques de cybersécurité, ce qui explique en partie que les modèles récents ajoutent des fonctions de sécurité.
  • Cet article ne traite pas des circuits de sécurité, des automates de sécurité ni des procédures de modification d'un programme en fonctionnement. Ils relèvent des règles de votre site et de la conception sécurité de la machine.
  • Les menus et fonctions des logiciels changent d'une version à l'autre. Vérifiez les réglages de langue des commentaires dans la version installée chez vous.

FAQ

Qu'est-ce qu'un « séquenceur » dans le vocabulaire japonais des automates ?

C'est un automate programmable. Les ingénieurs japonais disent souvent shikensa (« séquenceur ») pour un automate programmable industriel, d'après la commande séquentielle qu'il réalise. Vous verrez ce mot sur les plans, dans les spécifications et dans certains noms de produits Mitsubishi en japonais.

Que signifient X, Y, M et D dans un automate Mitsubishi ?

X est une entrée, Y une sortie, M un relais interne (un bit interne) et D un registre de données (un mot de 16 bits pour les valeurs numériques). L est un relais à mémorisation qui conserve son état après une coupure d'alimentation, T et C sont les temporisateurs et les compteurs.

Pourquoi n'y a-t-il pas de X8 ni de X9 sur mon automate Mitsubishi ?

Votre CPU est probablement de la série FX, où X et Y sont numérotés en octal : X0 à X7, puis X10 à X17. Les CPU Q, L et iQ-R numérotent X et Y en hexadécimal : elles ont donc bien X8, X9 et XA à XF.

Comment lire les commentaires japonais dans GX Works ?

Ouvrez le projet dans un logiciel capable d'afficher le japonais, ou changez la langue des commentaires si le projet contient plusieurs jeux de commentaires. La version anglaise de GX Works2 ne prend pas en charge les caractères sur deux octets ni les katakana demi-chasse : les commentaires qui en contiennent s'affichent donc mal. La solution durable est de faire livrer par le constructeur un jeu de commentaires en anglais.

Peut-on convertir un programme ladder Mitsubishi pour Siemens ou Schneider Electric ?

Pas directement. Même avec la CEI 61131-3, les instructions, les noms d'adresses et les réglages sont propres à chaque marque. Prévoyez la conversion comme un projet de reprise d'ingénierie avec essais, et obtenez d'abord du constructeur le fichier de projet d'origine et la documentation complète.

Sources

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À propos de la rédaction

Rédaction de MONOSCOPEFOUNDER & EDITOR

Une dizaine d’années chez un fabricant d’équipements industriels et dans une société d’ingénierie d’usines, à la proposition, à la conception et à la mise en service d’équipements, puis un passage au marketing numérique. Aujourd’hui, conseil web auprès de fabricants B2B pour les aider à expliquer clairement leurs produits et leurs technologies. Titulaire des licences nationales japonaises d’Energy Manager et d’ingénieur électricien en chef de troisième classe.

Un blog d’ingénierie tenu depuis 2017 (plus de 500 articles) et une chaîne YouTube en japonais d’environ 20 000 abonnés. Chaque guide est rédigé du point de vue de l’atelier japonais et vérifié au regard des normes citées.

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