Tolérances générales JIS B 0405 : tableau et ISO 2768

Ouvrez un plan d'un client ou d'un fournisseur japonais et regardez près du cartouche (表題欄, hyodai-ran). Vous y trouverez souvent une courte mention comme 普通公差 JIS B 0405-m (futsu kosa, « tolérances générales ») ou JIS B 0419-mK. Ces quelques caractères fixent la tolérance de toutes les cotes et de tous les éléments qui n'ont pas de tolérance propre.
Bonne nouvelle : ces normes JIS sont des traductions de normes ISO. La JIS B 0405 a été établie à partir de l'ISO 2768-1 sans modification du contenu technique ; « JIS B 0405-m » donne donc les mêmes valeurs que « ISO 2768-m » pour les cotes linéaires et angulaires. Les normes ISO correspondantes sont reprises en France sous la forme NF EN ISO (par exemple NF EN 22768-1 pour l'ISO 2768-1) ; vérifiez l'édition en vigueur auprès de votre service normalisation.
Le point de vigilance est la lecture du plan. Les plans japonais suivent le principe d'indépendance de l'ISO, comme les plans ISO que vous connaissez, et non la Rule #1 (principe de l'enveloppe) de l'ASME Y14.5 utilisée par de nombreux ingénieurs américains. Le même « Ø20±0,1 » peut donc signifier deux choses différentes selon le système, ce qui compte dès qu'un plan passe entre un client japonais, un atelier européen ou nord-africain et un donneur d'ordre américain.
Ce guide donne le tableau des tolérances générales JIS, explique comment fonctionnent tolérances dimensionnelles et tolérances géométriques sur un plan japonais, compare JIS et ASME Y14.5, et se termine par une liste de points à confirmer avec le côté japonais.
Sommaire
- Ce que signifie « JIS B 0405-m » sur un plan japonais
- Tableau des tolérances générales JIS (JIS B 0405 / ISO 2768-1)
- Tolérance dimensionnelle et tolérance géométrique
- Tolérances géométriques en JIS : B 0021, B 0022 et ISO 1101
- JIS et ASME Y14.5 : principe d'indépendance et Rule #1
- Choisir les tolérances selon la fonction
- Conception des tolérances : fonction, capabilité du processus, contrôle
- Liste de contrôle : ce qu'il faut confirmer avec le côté japonais
- Limites de ce guide
- Résumé
- FAQ
- Sources
Ce que signifie « JIS B 0405-m » sur un plan japonais
Inscrire une tolérance à côté de chaque cote noierait le plan sous les chiffres. Le concepteur ne donne donc de tolérance individuelle que là où la fonction l'exige, et couvre tout le reste par une seule mention de tolérances générales. La JIS B 0405 fixe ces tolérances pour les cotes linéaires et angulaires en quatre classes :
- f : fine (精級, seikyu)
- m : moyenne (中級, chukyu)
- c : grossière (粗級, sokyu)
- v : très grossière (極粗級, gokusokyu)
Lorsque le numéro de norme et la classe, par exemple « JIS B 0405-m », figurent dans le cartouche ou à proximité, cette classe s'applique à toutes les cotes sans tolérance individuelle. La norme vise les pièces obtenues par enlèvement de matière (usinage) ou formées à partir de tôle. Les pièces de fonderie et les pièces plastiques moulées ont leurs propres normes de tolérances générales : la norme à appliquer dépend donc du procédé de fabrication.
Les caractéristiques géométriques comme la planéité ou la perpendicularité relèvent d'une autre norme de tolérances générales, la JIS B 0419, avec trois classes : H, K et L. Une mention comme « JIS B 0419-mK » combine les deux : classe m de la JIS B 0405 pour les cotes, classe K de la JIS B 0419 pour la géométrie.
Tableau des tolérances générales JIS (JIS B 0405 / ISO 2768-1)
Les tableaux ci-dessous donnent les écarts admissibles de la JIS B 0405. Comme cette norme est une traduction de l'ISO 2768-1:1989, les valeurs sont celles des tableaux de l'ISO 2768-1. Plus la cote est grande et plus la classe est grossière, plus la tolérance est large.
Écarts admissibles pour les cotes sans tolérance individuelle. Repérez la plage de dimensions dans la colonne de gauche, puis lisez la classe indiquée sur le plan.
| Plage de dimensions | f (fine) | m (moyenne) | c (grossière) | v (très grossière) |
|---|---|---|---|---|
| 0,5 à 3 | ±0,05 | ±0,1 | ±0,2 | – |
| Plus de 3 à 6 | ±0,05 | ±0,1 | ±0,3 | ±0,5 |
| Plus de 6 à 30 | ±0,1 | ±0,2 | ±0,5 | ±1 |
| Plus de 30 à 120 | ±0,15 | ±0,3 | ±0,8 | ±1,5 |
| Plus de 120 à 400 | ±0,2 | ±0,5 | ±1,2 | ±2,5 |
| Plus de 400 à 1 000 | ±0,3 | ±0,8 | ±2 | ±4 |
| Plus de 1 000 à 2 000 | ±0,5 | ±1,2 | ±3 | ±6 |
| Plus de 2 000 à 4 000 | – | ±2 | ±4 | ±8 |
| Plage de dimensions | f, m | c, v |
|---|---|---|
| 0,5 à 3 | ±0,2 | ±0,4 |
| Plus de 3 à 6 | ±0,5 | ±1 |
| Plus de 6 | ±1 | ±2 |
| Côté le plus court | f, m | c | v |
|---|---|---|---|
| Jusqu'à 10 | ±1° | ±1°30′ | ±3° |
| Plus de 10 à 50 | ±0°30′ | ±1° | ±2° |
| Plus de 50 à 120 | ±0°20′ | ±0°30′ | ±1° |
| Plus de 120 à 400 | ±0°10′ | ±0°15′ | ±0°30′ |
| Plus de 400 | ±0°5′ | ±0°10′ | ±0°20′ |
« – » signifie que la classe ne donne aucune valeur pour cette plage. En dessous de 0,5 mm, la tolérance doit être indiquée à côté de la cote. La tolérance angulaire ne contrôle que l'orientation générale des lignes, pas leur forme. Tableaux compilés d'après la JIS B 0405:1991, l'extrait de la JIS B 0405 publié par Miki Pulley et les tableaux ISO 2768-1 publiés. Vérifiez la norme officielle avant d'utiliser ces valeurs pour une réception.
Exemple d'application (fictif) : le plan d'un support usiné porte « JIS B 0405-m » et une longueur sans tolérance est cotée 50. La plage « plus de 30 à 120 » en classe m donne ±0,3 : toute longueur de 49,7 à 50,3 est acceptable. Avec « JIS B 0405-f », l'intervalle se resserrerait à 49,85–50,15.
Tolérances générales géométriques (JIS B 0419)
La JIS B 0419 est la traduction JIS de l'ISO 2768-2:1989. Elle fixe les tolérances générales des caractéristiques géométriques en trois classes : H, K et L. La rectitude, la planéité, la perpendicularité, la symétrie et le battement circulaire ont des valeurs dans ses tableaux. D'autres caractéristiques, comme la circularité ou le parallélisme, se déduisent de la tolérance dimensionnelle et de valeurs associées.
Tolérances des éléments sans spécification géométrique individuelle, selon la classe H, K ou L.
| Longueur nominale | H | K | L |
|---|---|---|---|
| Jusqu'à 10 | 0,02 | 0,05 | 0,1 |
| Plus de 10 à 30 | 0,05 | 0,1 | 0,2 |
| Plus de 30 à 100 | 0,1 | 0,2 | 0,4 |
| Plus de 100 à 300 | 0,2 | 0,4 | 0,8 |
| Plus de 300 à 1 000 | 0,3 | 0,6 | 1,2 |
| Plus de 1 000 à 3 000 | 0,4 | 0,8 | 1,6 |
| Côté le plus court | H | K | L |
|---|---|---|---|
| Jusqu'à 100 | 0,2 | 0,4 | 0,6 |
| Plus de 100 à 300 | 0,3 | 0,6 | 1 |
| Plus de 300 à 1 000 | 0,4 | 0,8 | 1,5 |
| Plus de 1 000 à 3 000 | 0,5 | 1 | 2 |
| Caractéristique | H | K | L |
|---|---|---|---|
| Battement circulaire | 0,1 | 0,2 | 0,5 |
Pour la planéité, prenez le grand côté d'une surface rectangulaire ou le diamètre d'une surface circulaire ; pour la rectitude, la longueur de la ligne. La symétrie est omise ici. Tableaux compilés d'après l'extrait de la JIS B 0419 publié par Miki Pulley. Vérifiez la norme officielle avant d'utiliser ces valeurs pour une réception.
À noter : l'ISO a retiré l'ISO 2768-2 en 2021 et l'a remplacée par l'ISO 22081:2021, qui n'utilise plus les classes H, K et L. Les plans japonais qui citent la JIS B 0419 renvoient toujours aux tableaux H/K/L. Si votre propre référentiel de plans est passé à l'ISO 22081, convenez avec le côté japonais des règles applicables avant de redessiner la pièce.
Lire les mentions du cartouche
| Mention sur le plan | Signification |
|---|---|
| JIS B 0405-m | Tolérances générales des cotes linéaires et angulaires, classe m (moyenne) |
| JIS B 0419-mK | Classe m de la JIS B 0405 pour les cotes, plus classe K de la JIS B 0419 pour les caractéristiques géométriques |
| JIS B 0419-K | Tolérances générales géométriques de classe K seulement, sans classe JIS B 0405 |
| JIS B 0419-mK-E | Comme mK, plus l'exigence de l'enveloppe (E) appliquée à chaque élément de dimension isolé (une surface cylindrique ou deux plans parallèles). Ne convient pas aux demi-produits (matière brute) |
| ISO 2768-mK | La forme ISO de la même mention |
Tolérance dimensionnelle et tolérance géométrique
Une tolérance dimensionnelle comme « 50±0,1 » accepte toute dimension de 49,9 à 50,1 ; la tolérance est l'écart entre les deux limites, soit 0,2 ici. Elle ne contrôle toutefois que la distance entre deux points. Elle ne dit rien de la planéité d'une surface, de la position d'un trou ou de la rectitude d'un arbre. Les tolérances géométriques comblent ce manque en contrôlant la forme, l'orientation, la position et le battement (le « faux-rond » d'une pièce qui tourne).
En bref, les tolérances dimensionnelles contrôlent la taille d'un élément, les tolérances géométriques sa forme et sa position. Un plan moderne a besoin des deux : chacune a son rôle, et c'est leur combinaison qui traduit l'intention du concepteur.
La frontière sépare la taille d'un côté, la forme, l'orientation et la position de l'autre.
Depuis les JIS B 0401-1:2016 et JIS B 0420-1:2016, le JIS emploie « tolérance de taille » (サイズ公差, saizu kosa) à la place de « tolérance dimensionnelle » (寸法公差, sunpo kosa). Dans les ateliers japonais, sunpo kosa reste le terme courant.
Les révisions de 2016 ont aussi rebaptisé la dimension de base : dans les documents JIS actuels, c'est la « taille nominale » (図示サイズ, zushi saizu). Selon ces normes, une dimension sans modificateur est évaluée en dimension locale entre deux points, c'est-à-dire la distance mesurée localement entre deux points opposés. Gardez ce vocabulaire et cette valeur par défaut en tête lorsque vous comparez une norme japonaise récente avec d'anciens plans ou supports de formation.
Trois façons d'écrire une tolérance dimensionnelle
Un plan japonais présente une tolérance dimensionnelle de l'une de ces trois manières : « ± » lorsque la dimension peut varier également dans les deux sens, écarts supérieur et inférieur séparés lorsque la tolérance doit se placer d'un seul côté, symbole d'ajustement lorsque la dimension dépend de l'assemblage entre un alésage et un arbre. Un intervalle plus serré coûte plus cher en usinage et en contrôle.
Les trois fixent une limite supérieure et une limite inférieure de dimension, rien de plus.
Ajustements (JIS B 0401)
Lorsqu'un arbre entre dans un alésage, la combinaison de leurs tolérances dimensionnelles détermine un ajustement avec jeu, serré ou incertain. Le système d'ajustements (はめあい, hameai) l'exprime par des symboles ; la JIS B 0401-1:2016 correspond à l'ISO 286-1:2010.
Les majuscules désignent les alésages, les minuscules les arbres, et le nombre est la qualité de tolérance (grade IT). Pour l'ajustement courant H7/g6 autour de Ø20, l'alésage est à +0,021/0 et l'arbre à −0,007/−0,020. Il y a toujours un jeu : le H7/g6 est donc souvent utilisé pour les pièces qui tournent ou coulissent.
Tolérances géométriques en JIS : B 0021, B 0022 et ISO 1101
Une tolérance géométrique fixe de combien la forme, l'orientation, la position ou le battement d'un élément peut s'écarter de sa géométrie idéale. La JIS B 0021 définit la manière de les indiquer au plan. L'édition 1998 est traduite de l'ISO/DIS 1101 (1996) sans modification technique : symboles et règles sont donc ceux de l'ISO 1101 de l'époque.
Une tolérance dimensionnelle est un intervalle de longueurs ; une tolérance géométrique est une zone dans l'espace. Une tolérance de planéité de 0,05, par exemple, signifie que toute la surface doit se trouver entre deux plans parallèles distants de 0,05.
14 caractéristiques en quatre catégories
Les tolérances géométriques se rangent en quatre catégories : forme, orientation, position et battement. Au total, il y a 14 caractéristiques, chacune avec son symbole sur le plan.
Seules les tolérances de forme s'appliquent seules, sans référence.
La forme d'une ligne quelconque et la forme d'une surface quelconque agissent comme tolérances de forme sans référence, et comme tolérances d'orientation ou de position avec référence. La coaxialité et la concentricité partagent le même symbole.
Dans les plans de tous les jours, six caractéristiques reviennent le plus souvent :
- Planéité
- Perpendicularité
- Parallélisme
- Localisation (position)
- Coaxialité
- Battement circulaire
Plutôt que d'apprendre les 14 d'un coup, partez de ce que la surface ou le trou doit faire, puis remontez au symbole qui le contrôle.
Cadre de tolérancement et références
Les tolérances géométriques s'inscrivent dans un rectangle divisé, le cadre de tolérancement (公差記入枠, kosa kinyu-waku). De gauche à droite, il contient le symbole de la caractéristique, la valeur de tolérance et les lettres des références ; une ligne de repère relie le cadre à la surface ou au trou concerné.
Lecture de gauche à droite : symbole, valeur de tolérance, références.
Pour la localisation, la position vraie est donnée par des cotes théoriquement exactes (cotes encadrées), placées dans un cadre et sans tolérance propre. Seule la valeur du cadre de tolérancement fixe l'écart admis.
Une référence (datum) est le point, la ligne ou le plan théoriquement exact à partir duquel on mesure une tolérance géométrique. La JIS B 0022, dont la norme internationale correspondante est l'ISO 5459, définit aussi un système de trois plans de référence : trois plans mutuellement perpendiculaires, dans un ordre de priorité fixé, qui positionnent la pièce.
Choisissez les références d'après les endroits où la pièce vient réellement en appui et se positionne à l'assemblage. La face de fixation peut être la référence primaire et la face contre laquelle s'appuie un pion de centrage la référence secondaire. En règle générale, l'ordre des références doit suivre l'ordre d'assemblage.
JIS et ASME Y14.5 : principe d'indépendance et Rule #1
Pour un lecteur formé aux normes ISO, la lecture d'un plan japonais ne devrait pas surprendre : le principe est le même. La différence apparaît avec l'ASME Y14.5, où la Rule #1 fait aussi contrôler la forme par les limites de dimension. Sous ISO et JIS, une tolérance dimensionnelle ne contrôle pas la forme ; c'est un point à garder en tête si un plan passe par un client ou un site américain.
Le principe d'indépendance (JIS B 0024 / ISO 8015)
La JIS B 0024:2019 est une adoption modifiée (MOD) de l'ISO 8015:2011. Elle pose que chaque exigence d'un plan doit être satisfaite indépendamment des autres, sauf indication particulière contraire. La dimension est jugée comme dimension, la géométrie comme géométrie, chacune pour elle-même.
La dimension est aussi jugée par mesure entre deux points, sauf indication contraire. Un arbre mesuré dans Ø20±0,1 à chaque section peut donc être conforme en dimension même si l'ensemble de l'arbre est cintré.
Même si tous les diamètres entre deux points sont dans la tolérance, la tolérance dimensionnelle seule n'empêche pas l'arbre de se cintrer.
Pour empêcher le cintrage, ajoutez une tolérance géométrique comme la rectitude, ou ajoutez Ⓔ (exigence de l'enveloppe) à la dimension. Les valeurs de la figure sont des exemples fictifs.
Les pièces en tôle et les plaques se comportent de la même façon. Une plaque de 5±0,1 peut être gauchie et rester conforme en dimension si le pied à coulisse lit environ 5,0 partout où on mesure. Si la surface doit être plane, la planéité n'est une exigence que si le plan l'indique. C'est la portée pratique du principe d'indépendance.
L'exigence de l'enveloppe Ⓔ
Pour contrôler ensemble dimension et forme sur un plan ISO ou JIS, le concepteur ajoute l'exigence de l'enveloppe : un E entouré d'un cercle après la tolérance dimensionnelle. L'élément ne doit alors pas franchir l'enveloppe de forme parfaite à la dimension au maximum de matière. Pour un arbre, cette enveloppe est un cylindre parfait au plus grand diamètre admis.
Avec Ⓔ ajouté à l'arbre de la figure 7, tout cintrage qui sort du cylindre parfait Ø20,1 est refusé. Une pratique courante consiste à mettre Ⓔ sur les alésages et arbres qui s'assemblent, pour garantir leur montage. Pour l'appliquer à tout le plan, la mention du cartouche peut s'écrire « JIS B 0419-mK-E ».
En quoi l'ASME Y14.5 diffère
L'ASME Y14.5 applique par défaut le principe de l'enveloppe, la Rule #1. Les limites de dimension d'un élément de dimension contrôlent aussi sa forme : la tolérance dimensionnelle sert donc aussi de contrôle de forme. L'ASME dispose en outre de son propre symbole d'indépendance, pour les cas où l'on veut séparer dimension et forme.
L'ISO et le JIS fonctionnent à l'inverse : l'indépendance est la règle par défaut, et Ⓔ demande l'enveloppe. Le même « Ø20±0,1 » n'impose pas le même contrôle de forme selon la norme sous laquelle on le lit. C'est pourquoi chaque plan devrait indiquer le système qu'il suit.
| Point | JIS / ISO | ASME Y14.5 |
|---|---|---|
| Relation par défaut entre dimension et forme | Indépendantes (JIS B 0024 / ISO 8015) | Principe de l'enveloppe (Rule #1) |
| Pour que la dimension contrôle la forme | Ajouter Ⓔ à la dimension, ou « -E » à la mention de tolérances générales | Par défaut ; rien à ajouter |
| Pour séparer dimension et forme | Par défaut ; rien à ajouter | Ajouter le symbole d'indépendance ASME |
| Effet de « Ø20±0,1 » seul sur un arbre | Ne contrôle que les diamètres entre deux points. Un arbre cintré peut être conforme | Limite aussi la forme : l'arbre doit rester dans une limite de forme parfaite à la dimension au maximum de matière |
| Symboles de tolérances géométriques | JIS B 0021 (issue de l'ISO 1101) | ASME Y14.5. La plupart des symboles se ressemblent, mais certains symboles et interprétations diffèrent |
Choisir les tolérances selon la fonction
La tolérance dont un élément a besoin dépend de sa fonction. Demandez-vous d'abord s'il s'emboîte, positionne quelque chose, ou s'appuie ou tourne sur une autre pièce : le choix se resserre vite. C'est aussi une bonne façon de lire un plan japonais, car les spécifications indiquent les éléments que le concepteur a jugés critiques.
Déterminez ce que fait chaque élément, puis choisissez la tolérance qui le contrôle.
Éléments qui s'emboîtent : tolérance dimensionnelle et ajustements
Lorsque la dimension elle-même détermine la fonction, comme pour les alésages et arbres ou les clavettes et rainures, c'est la tolérance dimensionnelle qui travaille. Le symbole d'ajustement se choisit selon l'usage des pièces, par exemple si elles tournent ou sont fixes.
Si la pièce doit toujours entrer dans sa conjuguée, Ⓔ ajoute la forme à la garantie. Sur les éléments qui s'ajustent, vérifiez que le plan énonce l'exigence de forme en plus de la dimension. Ce contrôle évite le classique « ça ne rentre pas » à l'assemblage.
Groupes de trous : tolérance de localisation
Pour des éléments comme les trous de boulons d'une bride, qui doivent s'aligner, des références avec une tolérance de localisation conviennent mieux à la fonction que des tolérances « ± » sur des cotes de coordonnées. L'une des raisons est la forme de la zone de tolérance.
Si le centre du trou est tolérancé à ±0,1 en X et en Y, la zone est un carré de 0,2 × 0,2. Or l'interférence entre un trou et son boulon dépend de la distance au centre théorique. Si les coins du carré sont acceptables, une zone circulaire qui admet la même distance dans toutes les directions est plus logique.
Si les coins du carré sont acceptables, un cercle admettant la même distance dans toutes les directions donne une zone plus grande.
Exemple calculé avec un cercle dont le diamètre égale la diagonale du carré (0,2 × √2 ≈ 0,28). Les vraies valeurs de tolérance viennent du jeu entre le boulon et le trou.
Avec la tolérance de localisation, les cotes théoriquement exactes encadrées fixent l'emplacement de chaque trou, et seule la valeur du cadre de tolérancement fixe l'écart admis. Les décalages en diagonale qui seraient refusés par la zone carrée peuvent être acceptés : le taux de pièces conformes augmente sans perte de fonction.
Les cotes en chaîne ont un autre défaut : les tolérances s'additionnent et le dernier trou de la chaîne dérive le plus. Localiser chaque trou à partir d'un même jeu de références évite ce cumul, et indique clairement sur le plan à partir de quelles références le contrôleur doit mesurer.
Éléments d'appui et tournants : planéité, perpendicularité, battement
Pour les faces de fixation et d'étanchéité qui portent contre une pièce conjuguée, on spécifie la planéité de la surface elle-même, et la perpendicularité ou le parallélisme pour son orientation par rapport à une référence. Une face gauchie peut causer du jeu ou des fuites une fois les pièces boulonnées.
Pour les portées de roulements et de poulies sur des pièces tournantes, le battement circulaire ou le battement total contrôle le faux-rond de la pièce qui tourne autour de son axe de référence. Le battement se contrôle facilement en atelier : on pose un comparateur sur la surface et on fait tourner la pièce.
Conception des tolérances : fonction, capabilité du processus, contrôle
Des tolérances plus serrées ne signifient pas automatiquement une meilleure qualité. Des tolérances plus serrées que nécessaire font grimper les coûts d'usinage et de contrôle, tandis que des tolérances trop lâches entraînent des problèmes d'assemblage ou de performance. Une bonne conception des tolérances équilibre trois choses : la fonction, la capabilité du processus et la méthode de contrôle.
- Fonction. Expliquez pourquoi l'élément a besoin de cette exactitude : jeu avec la pièce conjuguée, défaut d'alignement admissible à l'assemblage, vibration en rotation. Répartissez ensuite les tolérances dimensionnelles et géométriques en conséquence. Quand des pièces s'empilent, faites un calcul de cumul de tolérances (chaîne de cotes) pour confirmer que le résultat combiné respecte encore la fonction.
- Capabilité du processus. Vérifiez que les moyens et le processus réels tiennent la tolérance de façon régulière. Les indices de capabilité Cp et Cpk chiffrent la marge qu'offre la tolérance par rapport à la dispersion du processus. Si la capabilité est insuffisante, décidez avant la série s'il faut modifier le plan ou le processus.
- Contrôle. Les tolérances dimensionnelles se contrôlent au pied à coulisse et au micromètre, mais les tolérances géométriques demandent souvent un marbre et un comparateur, un appareil de mesure de circularité ou une MMT (machine à mesurer tridimensionnelle). Si la mise en position de mesure par rapport aux références n'est pas convenue, une même pièce peut être bonne pour un contrôleur et refusée par un autre. Convenez avec la qualité de ce qui sera mesuré, et comment, en contrôle à réception et en cours de fabrication, avant l'émission du plan.
Erreurs fréquentes
- Mettre des tolérances serrées sur toutes les cotes, ce qui augmente le coût d'éléments sans effet sur la fonction
- Ajouter des tolérances géométriques sans références, si bien que personne ne sait à partir de quoi mesurer
- Supposer que les tolérances dimensionnelles fixent aussi la forme, et oublier la planéité ou la perpendicularité
- Omettre du cartouche la norme et la classe des tolérances générales : les cotes sans tolérance n'ont alors pas de limites claires
- Échanger des plans avec des partenaires étrangers sans convenir s'ils se lisent selon l'ASME ou l'ISO
En CAO 3D, de plus en plus d'entreprises attachent les informations de tolérances et de références au modèle lui-même, afin que le plan et les données 3D énoncent les mêmes exigences.
Liste de contrôle : ce qu'il faut confirmer avec le côté japonais
Avant de chiffrer, de redessiner ou de contrôler une pièce d'après un plan japonais, ces questions règlent la plupart des problèmes de tolérances. Utilisez la liste comme modèle pour votre demande de prix ou votre première revue technique.
| N° | Point à vérifier | Pourquoi c'est important |
|---|---|---|
| 1 | Quelle norme de tolérances générales et quelle classe sont indiquées (par exemple JIS B 0405-m ou JIS B 0419-mK) ? Si rien n'est indiqué, qu'est-ce qui s'applique aux cotes sans tolérance ? | La classe fixe les limites de la plupart des cotes de la pièce |
| 2 | « -E » (exigence de l'enveloppe) fait-il partie de la mention de tolérances générales ? | Cela change la façon d'accepter chaque élément de dimension isolé |
| 3 | Le plan se lit-il selon JIS/ISO (indépendance) ou ASME Y14.5 (Rule #1) ? Quelles éditions ? | La même tolérance dimensionnelle ne contrôle pas la forme de la même façon dans chaque système |
| 4 | Si vous redessinez la pièce selon l'ASME, quels éléments exigent des contrôles de forme ajoutés ou le symbole d'indépendance pour conserver l'intention d'origine ? | Une copie à l'identique des spécifications ne conserve pas les mêmes exigences |
| 5 | Quel procédé de fabrication la tolérance générale suppose-t-elle ? Les pièces de fonderie ou moulées du même plan suivent-elles une autre norme de tolérances générales ? | La JIS B 0405 ne couvre que les pièces usinées et en tôle |
| 6 | Le client veut-il toujours la JIS B 0419 (H/K/L) ou est-il passé à l'ISO 22081 ? | L'ISO 2768-2 a été retirée en 2021 |
| 7 | Quelles surfaces sont les références primaire, secondaire et tertiaire, et comment la pièce sera-t-elle bridée pour le contrôle ? | Sans mise en position convenue, les résultats varient selon le contrôleur |
| 8 | Quels éléments sont critiques pour la fonction (ajustements, groupes de trous, faces d'appui, portées tournantes) ? | Indique où concentrer les études de capabilité et le contrôle |
| 9 | Quelle méthode et quels moyens de contrôle le client utilisera-t-il pour la réception (dimension entre deux points, MMT, contrôle de battement) ? | Vos résultats doivent concorder avec les siens |
| 10 | Le plan emploie-t-il les termes JIS récents (サイズ公差 saizu kosa, 図示サイズ zushi saizu) ou les anciens (寸法公差 sunpo kosa, 基準寸法 kijun sunpo) ? | Aide à repérer l'édition des normes selon laquelle le plan a été établi |
Limites de ce guide
- Les tableaux sont compilés à partir d'extraits publiés des normes. Pour une réception contractuelle, utilisez les documents officiels JIS ou ISO, dans l'édition citée par le plan.
- Certaines entreprises ajoutent leurs propres normes de dessin au-dessus du JIS. Quand un plan renvoie à une norme d'entreprise, demandez-en une copie.
- La JIS B 0405 couvre les pièces usinées et en tôle. Les pièces de fonderie et les pièces plastiques moulées ont des normes de tolérances générales distinctes, que ce guide ne traite pas.
- La comparaison avec l'ASME ne porte que sur les règles par défaut. L'ASME Y14.5 et les normes ISO GPS diffèrent sur bien d'autres points, et les deux sont révisées au fil du temps.
- Les références françaises NF EN ISO citées sont à confirmer avec l'édition en vigueur : ce guide ne remplace pas la lecture de la norme.
- Ce guide ne décide pas comment un plan précis doit être lu. C'est le contrat qui fixe qui possède la conception et a le dernier mot ; en cas de doute, obtenez l'interprétation par écrit avant la production.
Résumé
- « JIS B 0405-m » dans le cartouche donne les mêmes tolérances générales que « ISO 2768-m » ; par exemple ±0,3 pour les dimensions de plus de 30 à 120 mm
- Les tolérances dimensionnelles contrôlent la taille ; les tolérances géométriques contrôlent la forme, l'orientation, la position et le battement
- La JIS B 0405 et la JIS B 0419 comblent les cas où le plan ne donne aucune tolérance individuelle
- JIS et ISO suivent le principe d'indépendance : les tolérances dimensionnelles seules n'empêchent ni le cintrage ni le gauchissement. La Rule #1 de l'ASME fait l'inverse par défaut
- Les éléments qui s'ajustent reçoivent des tolérances dimensionnelles avec Ⓔ, les groupes de trous la localisation, et les éléments d'appui ou tournants la planéité ou le battement
- Fixez les tolérances en équilibrant fonction, capabilité du processus et méthode de contrôle
FAQ
La JIS B 0405 est-elle identique à l'ISO 2768-1 ?
Oui pour le contenu technique. La JIS B 0405:1991 a été établie en traduisant l'ISO 2768-1:1989 sans modifier son contenu technique, donc les valeurs de chaque classe coïncident. Seule la désignation change : « JIS B 0405-m » sur un plan JIS, « ISO 2768-m » sur un plan ISO.
Quelle tolérance donne JIS B 0405-m pour une cote de 50 mm ?
±0,3 mm. Une cote de 50 mm se situe dans la plage « plus de 30 à 120 », où la classe m (moyenne) admet ±0,3 : 49,7–50,3 mm est donc acceptable. La classe f (fine) admettrait ±0,15.
Que signifie « JIS B 0419-mK » sur un plan ?
Deux jeux de tolérances générales s'appliquent à la fois : la classe m de la JIS B 0405 pour les cotes linéaires et angulaires, et la classe K de la JIS B 0419 pour les caractéristiques géométriques comme la planéité et la perpendicularité. Ajouter « -E » (JIS B 0419-mK-E) applique en plus l'exigence de l'enveloppe à chaque élément de dimension isolé.
La Rule #1 s'applique-t-elle aux plans japonais ?
Non, pas par défaut. Les plans japonais suivent la JIS B 0024, fondée sur l'ISO 8015, où dimension et forme sont indépendantes. Pour obtenir un comportement d'enveloppe comme la Rule #1, le plan doit porter Ⓔ sur la dimension ou « -E » dans la mention de tolérances générales. Confirmez-le avec le côté japonais si vous comptez redessiner la pièce selon l'ASME Y14.5.
Quelle norme ISO correspond à la JIS B 0021 pour le tolérancement géométrique ?
L'ISO 1101. La JIS B 0021:1998 est traduite de l'ISO/DIS 1101 (1996) sans modification technique. Les références sont traitées par la JIS B 0022, dont la norme internationale correspondante est l'ISO 5459.
Sources
- Tolérances générales : JIS B 0405:1991 Tolérances générales – Partie 1 ; Miki Pulley, tolérances générales (extrait JIS B 0405 / JIS B 0419, en japonais) ; Wevolver, ISO 2768 general tolerances: tables, classes, and current status (en anglais)
- Tolérances générales géométriques : JIS B 0419:1991 Tolérances générales – Partie 2 ; SIS, SS-ISO 2768-2 (retirée, remplacée par l'ISO 22081)
- Tolérancement géométrique : JIS B 0021:1998 Spécification géométrique des produits (GPS) – Tolérancement géométrique
- Références : JIS B 0022:1984 Références et systèmes de références pour tolérances géométriques
- Principe d'indépendance : JIS B 0024:2019 Spécification géométrique des produits (GPS) – Principes fondamentaux
- Tolérance dimensionnelle et exigence de l'enveloppe : JIS B 0420-1:2016 Tolérancement dimensionnel – Partie 1 : tailles linéaires
- Ajustements : JIS B 0401-1:2016 Base des tolérances, écarts et ajustements
- Valeurs par défaut ASME et ISO : Keyence, International industrial standards and GD&T (en anglais) ; GD&T Basics, A Comparison of GD&T Standards: ISO GPS vs. ASME Y14.5 (en anglais)
Article original en japonaisCe guide est adapté d’un article de MONOSCOPE écrit pour les lecteurs au Japon : 寸法公差と幾何公差の違い|図面での使い分けと公差設計の基本


