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202626/10

KPI industriels QCDSE : formules des usines japonaises

Maintenance et qualitéMis à jour le 26/10/202634 min de lecture

Le modèle de rapport mensuel arrive de votre maison mère japonaise, ou de l'équipe qualité fournisseurs d'un client japonais. Les colonnes semblent familières : first pass yield, ppm client, OEE, livraison à l'heure, taux de fréquence, intensité énergétique. Puis les questions arrivent. Les pièces retouchées comptent-elles comme bonnes ? Le « taux de fréquence » japonais est-il le même que votre TF ? Pourquoi le siège veut-il connaître l'énergie par tonne chaque mois ?

Une façon courante d'organiser les indicateurs clés de performance (KPI) d'une usine, que vous rencontrerez souvent dans les rapports japonais, est le QCDSE : qualité, coût, délai (delivery), sécurité et environnement. Dans chaque domaine, on associe un indicateur de résultat (ce qui s'est passé ce mois-ci) à un indicateur avancé (ce que l'atelier peut changer aujourd'hui). Cette structure permet de faire tenir les KPI d'une usine entière sur une seule page.

Les noms se font facilement correspondre. Ce sont les définitions qui font diverger les rapports. Ce guide présente le jeu de KPI QCDSE avec la formule de chaque indicateur, le terme japonais que vous verrez dans les rapports et les points où les définitions japonaises diffèrent de celles que vous utilisez. Il explique ensuite comment les usines japonaises fixent leurs objectifs, puis se termine par un modèle de fiche de définition et des questions à poser au côté japonais. Tous les exemples chiffrés sont fictifs.

Ce guide se concentre sur les indicateurs eux-mêmes : comment chacun est calculé et défini. Pour savoir ce que fait un directeur d'usine japonais de ces chiffres, un autre article sera consacré à son rôle et à ses KPI.

Sommaire
  1. Le jeu de KPI QCDSE en un coup d'œil
  2. KPI qualité (Q) et formules
  3. KPI coût (C) et productivité : formules
  4. KPI délai (D) et stocks : formules
  5. KPI sécurité (S) : taux de fréquence et taux de gravité
  6. KPI environnement (E) : formules
  7. Comment les usines japonaises fixent leurs objectifs de KPI
  8. Revues de KPI quotidiennes, hebdomadaires et mensuelles
  9. Aide-mémoire : termes japonais des KPI
  10. Modèle : fiche de définition d'un KPI
  11. Limites de ce guide
  12. FAQ
  13. Sources

Le jeu de KPI QCDSE en un coup d'œil

Voici la vue d'ensemble. Le tableau répartit les indicateurs couramment utilisés dans les usines japonaises en cinq domaines, avec les indicateurs de résultat à gauche et les indicateurs avancés à droite.

Figure 1 : les KPI d'usine par domaine QCDSE

Chaque domaine associe des indicateurs de résultat à des indicateurs avancés.

Indicateurs de résultat
Indicateurs avancés (suivis chaque jour à l'atelier)
Q : Qualité
Réclamations clients, taux de défauts livrés au client (ppm), taux de défauts en cours de fabrication
Taux de conformité au premier passage (FPY), taux de retouche, indice de capabilité du processus, écarts relevés en contrôle
C : Coût et productivité
Coût de fabrication, écart sur coûts, productivité du travail
OEE (TRS), taux d'utilisation, rendement matière, consommation de matière et d'énergie par unité
D : Délai et stocks
Taux de livraison à l'heure, délai de fabrication (lead time), rotation des stocks
Taux de réalisation du plan de production, encours, nombre de commandes en retard
S : Sécurité
Accidents avec arrêt, taux de fréquence, taux de gravité
Déclarations de presque-accidents, évaluations des risques réalisées, part des écarts corrigés
E : Environnement
Intensité énergétique, émissions de CO2, déchets produits
Consommation d'électricité et de vapeur par équipement, tri des déchets

La séparation entre indicateurs de résultat et indicateurs avancés est un repère, pas une règle. Choisissez les indicateurs en fonction de vos produits et de votre mode de production.

Un KPI est un chiffre qui montre dans quelle mesure un objectif important est atteint. L'ISO 22400, norme internationale sur les KPI de la gestion des opérations de fabrication, les définit de la même manière. Sa partie 2 (ISO 22400-2:2014) recense les KPI utilisés en pratique avec leurs formules ; un livre blanc rédigé par les éditeurs de la norme en compte 34.

Les éditeurs les présentent comme des candidats parmi lesquels choisir, et non comme un jeu que chaque usine devrait appliquer en entier. Un amendement a ajouté en 2017 des KPI de gestion de l'énergie, et l'ISO indique que la norme est en cours de révision.

Pourquoi les usines japonaises ajoutent la sécurité et l'environnement au QCD

Qualité, coût et délai (QCD) forment le cœur de la gestion de production. La norme JIS Z 8141, qui regroupe les termes de la gestion de production au Japon, décrit celle-ci comme l'activité qui consiste à produire avec une qualité, un coût, une quantité et une date de livraison fixés. Le QCDSE y ajoute la sécurité (S) et l'environnement (E).

Une usine qui ne suit que le QCD peut afficher plus de volume et moins de coûts alors que les risques pour la sécurité et l'impact environnemental augmentent sans que personne s'en aperçoive. Garder les cinq domaines côte à côte permet de vérifier qu'aucun chiffre n'est obtenu au détriment d'un autre domaine.

Vous verrez aussi des versions plus longues. La JIPM (Japan Institute of Plant Maintenance) range les résultats de la TPM sous sept rubriques, PQCDSME, en ajoutant la productivité (P) et le moral (M). Sur les tableaux d'atelier, on voit parfois aussi SQCDP (sécurité, qualité, coût, délai, personnes). Les sigles diffèrent, mais l'idée est la même : découper l'usine en domaines pour ne rien oublier. Ce guide traite la productivité dans le domaine du coût.

Indicateurs de résultat et indicateurs avancés

Un indicateur de résultat (souvent appelé indicateur retardé, ou lagging indicator) n'est connu qu'une fois le mois clos. Les réclamations clients, le coût de fabrication et le taux de fréquence en sont des exemples. Ils indiquent l'ampleur du problème, mais quand vous les voyez, il est trop tard pour changer le résultat du mois.

Un indicateur avancé évolue avant le résultat et réagit à ce que font les équipes à l'atelier. Le FPY, l'OEE et le nombre de déclarations de presque-accidents en sont des exemples. Quand le directeur d'usine examine les indicateurs de résultat chaque mois et que l'atelier suit les indicateurs avancés chaque jour, le rapport mensuel devient beaucoup plus court.

KPI qualité (Q) et formules

Contrôleur vérifiant une pièce usinée avec un calibre à tampon sur un marbre en granit

Les usines japonaises suivent la qualité en deux groupes : les défauts détectés à l'intérieur de l'usine et les défauts qui ont atteint le client. Les formules courantes sont les suivantes.

  • Taux de défauts en cours de fabrication (koteinai furyo-ritsu, 工程内不良率) = défauts ÷ pièces contrôlées (ou pièces produites)
  • Taux de conformité au premier passage, FPY (chokko-ritsu, 直行率) = pièces conformes du premier coup, sans retouche ÷ pièces lancées
  • Taux de retouche (tenaoshi-ritsu, 手直し率) = pièces retouchées ÷ pièces lancées
  • Taux de défauts livrés au client, en ppm (ryushutsu furyo-ritsu, 流出不良率) = défauts constatés par le client ÷ pièces expédiées × 1 000 000
  • Rendement matière (budomari, 歩留り) = produit obtenu ÷ matière première principale engagée

Attention au mot « rendement ». La norme JIS Z 8141 définit le budomari comme le rapport entre le produit effectivement obtenu et la matière première principale engagée, c'est-à-dire un rendement matière. Dans bien des usines, « rendement » ou « yield » désigne au contraire les pièces bonnes divisées par le total des pièces. Le FPY et le taux de défauts, eux, ne sont pas définis dans les termes JIS de la gestion de production : chaque entreprise fixe son propre numérateur et son propre dénominateur.

Le livre blanc de l'ISO 22400 cite aussi des KPI qualité qui correspondent à ceux-ci : first pass yield, scrap ratio (taux de rebut) et rework ratio (taux de retouche).

Figure 2 : indicateurs qualité pour 1 000 pièces lancées (exemple fictif)

Les mêmes 1 000 pièces donnent des chiffres différents selon ce que l'on compte comme « bon ».

Lancées : 1 000 piècesPièces lancées dans un processus en un mois (fictif)
Après contrôle
Conformes du premier coup : 940Passées au processus suivant sans retouche
Conformes après retouche : 40Acceptées après réparation ou reprise
Rebutées : 20Non retouchables ; traitées comme défauts
FPY = 940 ÷ 1 000 = 94,0 % / Taux de retouche = 40 ÷ 1 000 = 4,0 % / Taux de rebut = 20 ÷ 1 000 = 2,0 %
Taux de pièces bonnes, retouches comprises = (940 + 40) ÷ 1 000 = 98,0 %

Chiffres fictifs. Décidez par écrit si les pièces retouchées comptent comme bonnes.

Dans la figure 2, le taux de pièces bonnes est de 98,0 %, mais le FPY n'est que de 94,0 %. L'écart de 4 points correspond à ce que la retouche a sauvé, et le temps passé à retoucher est imputé au coût. Suivez les deux : le taux de pièces bonnes dit si vous avez pu expédier, le FPY dit si vous avez fait bon du premier coup. Ensemble, ils rendent les causes beaucoup plus faciles à remonter.

Suivez les défauts qui atteignent le client à la fois en nombre et en taux. Si une usine expédie 500 000 pièces dans l'année et que le client trouve 15 défauts, le taux de défauts livrés est de 15 ÷ 500 000 × 1 000 000 = 30 ppm (exemple fictif). Quand les volumes expédiés varient beaucoup, le nombre seul peut faire paraître la situation meilleure ou pire qu'elle ne l'est.

Pour repérer la dispersion des dimensions ou des caractéristiques avant que des défauts apparaissent, utilisez l'indice de capabilité du processus (Cp, Cpk) comme indicateur avancé. Il montre la marge que la dispersion du processus laisse à l'intérieur de la tolérance, et il est surtout utile quand les taux de défauts sont déjà si bas que les écarts deviennent difficiles à voir.

KPI coût (C) et productivité : formules

Les chiffres de coût exacts ne sortent qu'après la clôture mensuelle. Au quotidien, l'atelier pilote donc les quantités physiques qui déterminent le coût. La figure 3 présente les indicateurs de coût avec ceux de productivité et d'équipement.

Figure 3 : principaux indicateurs de coût et de productivité

Les indicateurs en valeur se revoient chaque mois ; ceux en quantité, chaque jour ou chaque semaine.

Coût de fabrication
CoûtMatières + main-d'œuvre + autres frais. À ramener au coût par unité et à comparer au budget ou à l'an dernier
Écart sur coûts
CoûtDifférence entre coût standard et coût réel. À décomposer par matières, main-d'œuvre et frais pour voir où il s'est creusé
Consommation par unité
CoûtMatière ou énergie consommée ÷ production. La quantité utilisée pour fabriquer une unité
Productivité du travail
ProductivitéProduction ÷ total des heures travaillées (physique), ou valeur ajoutée ÷ total des heures travaillées
Taux d'utilisation
Équipement / personnesTemps de fonctionnement effectif ÷ temps disponible (machines) ou temps de présence (personnes)
OEE (TRS)
Équipement / personnesDisponibilité × performance × taux de qualité. Regroupe les pertes d'arrêts, de cadence et de défauts

La classification et la répartition des coûts dépendent des règles de comptabilité analytique de chaque entreprise.

Coût de fabrication et écart sur coûts

Les usines japonaises décomposent normalement le coût de fabrication en trois natures : matières, main-d'œuvre et autres frais (keihi, 経費, un poste plus large que les seuls frais généraux). Cette répartition suit la classification par nature des Normes de calcul des coûts (Genka keisan kijun), référence japonaise de la comptabilité analytique, publiée en 1962.

L'écart sur coûts (genka sai, 原価差異) est la différence entre le coût standard fixé à l'avance et le coût réel. Dans un système de coûts standards, ces normes le définissent comme la différence entre le coût standard et le coût effectivement encouru.

Le détail compte plus que le total. Le prix unitaire de la matière a-t-il augmenté, la consommation a-t-elle augmenté, ou le travail a-t-il pris plus de temps ? Chaque réponse appelle une action différente : demandez que l'écart soit présenté en distinguant l'effet prix et l'effet quantité. Convenez à l'avance du signe retenu (un écart favorable est-il positif ou négatif ?) : des conventions mélangées sont une source fréquente de rapports mal lus.

Productivité du travail

La productivité est le rapport entre ce qui est produit et ce qui est engagé. Le Japan Productivity Center distingue la productivité physique du travail, qui mesure la production en unités, et la productivité du travail en valeur ajoutée, qui la mesure en valeur ajoutée.

Prenons un atelier qui fabrique 12 000 pièces par mois pour 2 400 heures travaillées au total. La productivité physique est de 12 000 ÷ 2 400 = 5,0 pièces par heure travaillée. Si la valeur ajoutée du mois est de 36 millions de JPY, la productivité en valeur ajoutée est de 36 000 000 ÷ 2 400 heures = 15 000 JPY par heure travaillée (deux exemples fictifs).

Si le mix produit change d'un mois à l'autre, des chiffres convertis en heures standard ou en valeur ajoutée se comparent mieux que des nombres de pièces bruts.

Taux d'utilisation et OEE

La norme JIS Z 8141 définit le taux d'utilisation (kadoritsu, 稼働率) comme le rapport entre le temps de fonctionnement effectif et le temps de présence (pour les personnes) ou le temps disponible (pour les machines). La même norme donne le rendement global des équipements (OEE, setsubi sogo koritsu, 設備総合効率) comme disponibilité × performance × taux de qualité. En France, on utilise souvent le TRS (taux de rendement synthétique) pour cette notion ; vérifiez que son périmètre correspond bien à celui de l'OEE demandé.

Une machine avec 85 % de disponibilité, 90 % de performance et 98 % de taux de qualité a un OEE de 0,85 × 0,90 × 0,98 = 0,7497, soit 75,0 % (exemple fictif). Le sens de ces trois taux et l'usage de l'OEE par un directeur d'usine seront détaillés dans les articles dédiés à l'OEE et au rôle du directeur d'usine.

Ne fixez pas le taux d'utilisation ou l'OEE comme objectifs isolés. Produire plus que ce que l'on peut vendre fait monter les deux chiffres, mais le surplus devient du stock. Lisez les indicateurs d'équipement à côté des indicateurs de stock et de délai.

KPI délai (D) et stocks : formules

Les indicateurs de délai se répartissent en deux groupes : avez-vous tenu vos promesses au client, et avez-vous la marge pour les tenir ?

  • Taux de livraison à l'heure (noki junshu-ritsu, 納期遵守率) = livraisons effectuées à la date promise ÷ total des livraisons
  • Taux de réalisation du plan de production (seisan keikaku tassei-ritsu, 生産計画達成率) = quantité terminée comme prévu ÷ quantité planifiée
  • Délai de fabrication (lead time) = temps écoulé entre la mise à disposition de la matière et le produit fini
  • Rotation des stocks (zaiko kaiten-ritsu, 在庫回転率) = besoins sur une période ÷ stock moyen
  • Durée de rotation des stocks = durée de la période ÷ rotation des stocks

Si 388 des 400 livraisons d'un mois arrivent comme promis, le taux de livraison à l'heure est de 388 ÷ 400 = 97,0 % (exemple fictif).

Cet indicateur n'est pas défini dans les termes JIS de la gestion de production, et le chiffre change selon que la « date promise » est la date demandée par le client ou votre date confirmée. Notez par écrit si vous comptez des commandes ou des quantités, et comment vous traitez les livraisons partielles.

Mesurez le taux de réalisation du plan de production par référence. Surproduire une référence peut compenser le manque d'une autre et ramener le total à 100 %, mais la référence manquante partira quand même en retard. Présentez le total à côté de la part des références qui ont tenu leur plan.

La norme JIS Z 8141 définit le lead time comme le temps entre la commande et la livraison, ou entre la mise à disposition de la matière et le produit fini. L'endroit où vous déclenchez et arrêtez le chronomètre change ce que vous allez corriger : mettez-vous d'accord à ce sujet en premier.

La norme JIS Z 8141 décrit la rotation des stocks comme le nombre de fois que le stock se renouvelle sur une période donnée, calculé en divisant les besoins de la période par le stock moyen. Avec des besoins annuels de 240 millions de JPY et un stock moyen de 30 millions de JPY, le stock tourne 8 fois par an. La même norme considère la rotation comme l'inverse de la durée de rotation : celle-ci est donc de 12 mois ÷ 8 = 1,5 mois (exemple fictif). Séparer matières premières, encours et produits finis montre où le stock s'accumule.

KPI sécurité (S) : taux de fréquence et taux de gravité

Opérateur casqué sur une passerelle à côté d'une presse entourée de protecteurs de sécurité

Des cinq domaines, la sécurité est celui dont les définitions sont les plus normalisées. Le ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales (MHLW) définit le taux de fréquence et le taux de gravité, ainsi que leur calcul, dans son enquête sur les accidents du travail (Survey on Industrial Accidents).

  • Taux de fréquence (dosu-ritsu, 度数率) = morts et blessés d'accidents du travail ÷ total des heures effectivement travaillées × 1 000 000
  • Taux de gravité (kyodo-ritsu, 強度率) = total des jours de travail perdus ÷ total des heures effectivement travaillées × 1 000
  • Taux annuel pour 1 000 travailleurs (nensennin-ritsu, 年千人率) = morts et blessés dans l'année ÷ nombre moyen de travailleurs de l'année × 1 000

Le taux de fréquence indique la fréquence des accidents, pour 1 million d'heures travaillées. Le taux de gravité indique leur sévérité, en jours de travail perdus pour 1 000 heures travaillées.

Les jours perdus suivent des valeurs fixes. Un décès ou une incapacité totale permanente compte pour 7 500 jours, et une incapacité partielle permanente compte de 50 à 5 500 jours selon son degré. Pour une blessure temporaire, les jours perdus sont les jours calendaires d'arrêt × 300/365. Le taux annuel pour 1 000 travailleurs peut se calculer même sans données d'heures.

Voici un exemple fictif. Une usine de 300 salariés cumule 600 000 heures travaillées sur l'année et connaît un accident qui entraîne 30 jours d'arrêt. Le taux de fréquence est de 1 ÷ 600 000 × 1 000 000 = 1,67. Les jours perdus sont 30 × 300 ÷ 365 = 24,66, donc le taux de gravité est de 24,66 ÷ 600 000 × 1 000 = 0,04.

Figure 4 : taux de fréquence et de gravité au Japon (2025, établissements de 100 salariés et plus)

Comparez avec des établissements du même secteur et de la même taille.

Groupe
Taux de fréquence
Taux de gravité
Ensemble des secteurs enquêtés
2,01 (2024 : 2,10)
0,09
Industrie manufacturière
1,33 (2024 : 1,30)
0,07 (2024 : 0,06)
Industrie manufacturière, 1 000 salariés et plus
0,36
0,02
Industrie manufacturière, 500–999
0,99
0,07
Industrie manufacturière, 300–499
1,40
0,08
Industrie manufacturière, 100–299
1,93
0,09

Source : MHLW, Survey on Industrial Accidents 2025. Compte les morts et blessés avec un jour d'arrêt ou plus, ou avec perte d'une partie du corps ou d'une fonction. Les blessures sans arrêt ne sont pas incluses.

Dans l'enquête 2025 du MHLW, l'industrie manufacturière affiche un taux de fréquence de 1,33 et un taux de gravité de 0,07. Au sein de l'industrie manufacturière, les établissements de 1 000 salariés et plus ont un taux de fréquence de 0,36, contre 1,93 pour ceux de 100 à 299 salariés. Les petits établissements tendent à avoir des taux plus élevés.

Avant de comparer, vérifiez deux choses. D'abord le périmètre : cette enquête couvre les établissements employant régulièrement 100 salariés ou plus et compte les blessures avec au moins un jour d'arrêt. Si votre usine inclut dans son taux de fréquence les blessures sans arrêt, les chiffres ne sont pas comparables. Ensuite la taille : dans l'exemple ci-dessus, un seul accident avec arrêt place une usine de 300 personnes à 1,67, au-dessus de la moyenne manufacturière de 1,33 et des 1,40 des établissements manufacturiers de 300 à 499 salariés. Dans un petit établissement, un seul accident fait beaucoup varier le taux : lisez-le avec le nombre d'accidents et le nombre de jours sans accident avec arrêt.

Comparer avec les TF et TG français et avec le TRIR américain

En France, le taux de fréquence (TF) se calcule couramment comme le nombre d'accidents avec arrêt × 1 000 000 ÷ heures travaillées, soit la même base d'un million d'heures que le taux de fréquence japonais. Le taux de gravité (TG) français, lui, est généralement exprimé en jours d'arrêt pour 1 000 heures. Les définitions de l'accident compté, la façon de compter les jours (valeurs forfaitaires japonaises pour les décès et incapacités permanentes, 300/365 pour les arrêts) et le périmètre des heures peuvent toutefois différer : ne placez pas un TF français et un taux de fréquence japonais dans la même colonne sans les avoir rapprochés avec votre service santé-sécurité.

Les sites rattachés à un groupe américain déclarent souvent le TRIR de l'OSHA (total recordable incident rate) : cas enregistrables × 200 000 ÷ heures travaillées. Sa base de 200 000 heures équivaut à 100 salariés travaillant 40 heures par semaine pendant 50 semaines. Le taux de fréquence japonais utilise une base de 1 000 000 d'heures et ne compte que les blessures avec arrêt (ou perte d'une partie du corps ou d'une fonction), alors que les cas enregistrables de l'OSHA incluent aussi des soins médicaux au-delà des premiers secours. Diviser un taux japonais par 5 le ramène à la même base d'heures, mais les cas comptés restent différents. Hors de France (par exemple au Maroc ou en Algérie), appliquez les règles locales de déclaration et vérifiez leurs définitions avant toute comparaison.

Plus le bilan sécurité d'une usine est bon, moins le nombre d'accidents apprend de choses. Après des mois à zéro, le chiffre ne porte plus d'information. C'est pourquoi les usines japonaises suivent aussi des indicateurs avancés : évaluations des risques réalisées, part des écarts de sécurité corrigés, nombre de déclarations de hiyari hatto (presque-accidents) et part de celles qui sont clôturées.

KPI environnement (E) : formules

L'indicateur environnemental central est l'intensité énergétique (enerugi shohi gentan'i, エネルギー消費原単位) : l'énergie consommée pour fabriquer une unité de produit.

  • Intensité énergétique = consommation d'énergie en équivalent pétrole brut ÷ volume produit (ou une autre valeur étroitement liée à la consommation d'énergie)
  • Taux de valorisation des déchets = quantité valorisée ÷ déchets produits (une méthode de calcul courante)

La loi japonaise sur les économies d'énergie (Energy Conservation Act) impose aux entreprises qui consomment 1 500 kL d'énergie par an ou plus (en équivalent pétrole brut) de remettre des rapports réguliers sur leur consommation. Ces entreprises doivent s'efforcer de réduire l'intensité énergétique de 1 % ou plus par an en moyenne à moyen et long terme. C'est un objectif d'effort et non une obligation de résultat, mais c'est l'un des rares objectifs de KPI adossés à la loi. C'est l'une des raisons pour lesquelles l'intensité énergétique figure sur les listes de KPI japonaises.

Exemple fictif : l'an dernier, une usine a consommé 1 200 kL (équivalent pétrole brut) pour produire 8 000 tonnes ; cette année, 1 180 kL pour 8 100 tonnes. L'intensité énergétique est passée de 0,1500 kL/t à 0,1457 kL/t, soit 97,1 % de l'an dernier, une baisse de 2,9 %.

L'intensité énergétique tend aussi à se dégrader quand la production baisse, car la climatisation, l'éclairage et les équipements en attente consomment de l'énergie quel que soit le volume. La loi permet aux entreprises de retenir comme dénominateur une autre valeur étroitement liée à la consommation d'énergie plutôt que le volume produit. Choisissez un dénominateur adapté à votre exploitation et séparez la consommation fixe de celle qui varie avec la production : les variations s'expliqueront plus facilement.

Les émissions de CO2 relèvent du dispositif japonais de déclaration obligatoire des gaz à effet de serre. Pour le CO2 d'origine énergétique, il concerne les entreprises dont la consommation d'énergie totale, tous sites confondus, atteint 1 500 kL par an ou plus (équivalent pétrole brut), et le rapport établi au titre de la loi sur les économies d'énergie peut servir à la déclaration des émissions. Les usines peuvent aussi ajouter des indicateurs de déchets et d'eau selon le produit et les conditions locales. Les taux de valorisation changent selon des choix comme celui de compter ou non la valorisation énergétique, alors définissez par écrit numérateur et dénominateur.

Comment les usines japonaises fixent leurs objectifs de KPI

Une fois les indicateurs arrêtés, la question suivante est celle de l'objectif. La réponse courte : il n'existe pas de valeur unique qui convienne à toutes les usines. Les produits, les équipements, les modes de production et les définitions diffèrent trop. La figure 5 montre un ordre de travail pratique.

Figure 5 : six étapes pour fixer les objectifs de KPI

Accordez-vous sur la finalité, les définitions et le niveau actuel avant de choisir un chiffre.

01Confirmer l'objectif de niveau supérieurÀ partir de la politique de l'entreprise et de l'usine, cibler ce qui doit être atteint sur la période
02Définir l'indicateurNoter le numérateur, le dénominateur, le périmètre et la source des données
03Mesurer le niveau actuelAppliquer la définition retenue à plusieurs mois de données et regarder la dispersion
04Fixer l'objectif et l'échéanceÉnoncer en chiffres le niveau à atteindre et la date
05Choisir les actions et les indicateurs avancésRetenir les moyens d'atteindre l'objectif et les indicateurs qui suivent l'avancement
06Revoir régulièrementContrôler l'écart avec les résultats et ajuster les actions ou l'objectif lui-même

Décliner l'objectif de niveau supérieur

La norme JIS Q 9023 porte sur le hoshin kanri (方針管理, déploiement des orientations), le système de fixation d'objectifs utilisé par de nombreuses entreprises japonaises. Elle définit l'objectif comme le point à atteindre dans une démarche visant une finalité, et la mesure (hosaku) comme le moyen choisi pour atteindre l'objectif. Un élément retenu comme étalon pour piloter un objectif est un kanri komoku (管理項目, point de pilotage). Un KPI est un point de pilotage : il relie l'objectif de niveau supérieur aux actions de l'atelier.

Découpez l'objectif de l'usine par domaine, puis décomposez chaque part en indicateurs que l'atelier peut faire bouger. La figure 6 en donne un exemple pour le coût de fabrication.

Figure 6 : décliner un objectif en indicateurs d'atelier (coût de fabrication)

Plus on descend, plus l'indicateur réagit aux actions quotidiennes de l'atelier.

Objectif de l'usineFaire passer le coût de fabrication par unité sous le niveau de l'an dernier d'ici la fin de l'exercice
Répartir par nature de coût
MatièresConsommation et prix unitaire
Main-d'œuvreHeures de travail et effectifs
Autres fraisÉnergie, réparations, sous-traitance, etc.
Traduire en indicateurs d'atelier
Rendement matière / FPYRéduire les pertes de matière et les retouches
Productivité du travailAugmenter la production par heure travaillée
OEE / consommation par unitéRéduire les pertes d'arrêts et la consommation de matière et d'énergie
Attribuez à chaque indicateur d'atelier un responsable, une valeur cible, une échéance et des actions, et réunissez le tout sur une seule fiche.

C'est une façon de décomposer parmi d'autres. Les usines où la part des matières est élevée et celles où la part de la main-d'œuvre est élevée pondéreront des branches différentes.

Fixer d'abord les définitions et le niveau actuel

Le même « taux de défauts » donne des chiffres différents selon que le dénominateur est le nombre de pièces contrôlées ou de pièces produites, et selon que les pièces retouchées sont incluses ou non. Avant de débattre des valeurs cibles, rédigez pour chaque indicateur une définition d'une page : numérateur, dénominateur, périmètre, source des données et personne qui le compile.

Mesurez ensuite le niveau actuel avec cette définition. Un objectif fixé sans connaître le niveau actuel finit généralement hors d'atteinte ou trop facile. Regardez aussi la dispersion d'un mois à l'autre, pour qu'un seul bon ou mauvais mois ne vous égare pas.

Écrire l'échéance et la cible en chiffres

La norme JIS Q 9023 recommande qu'un objectif précise l'état à atteindre et l'échéance, et insiste pour que l'on puisse juger objectivement s'il a été atteint. « Réduire les défauts » ne donne à personne le moyen de juger la réussite en fin d'année. « Faire passer le FPY de la ligne A de 94,0 % à 96,0 % d'ici la fin de l'exercice » indique le périmètre, le niveau actuel, la cible et l'échéance (exemple fictif).

La même norme demande de s'accorder sur les objectifs avec les responsables hiérarchiques et les services concernés, et de les réviser si nécessaire. C'est aussi le moment de vérifier qu'ils n'entrent pas en conflit avec les objectifs des autres services.

Fixer par paires les indicateurs qui s'opposent

Certains indicateurs d'usine tirent en sens contraire. Produire à l'avance pour augmenter le taux d'utilisation fait baisser la rotation des stocks. Réduire trop les stocks fait baisser le taux de livraison à l'heure. Un contrôle plus strict réduit les défauts livrés mais fait paraître le FPY moins bon. C'est pourquoi on fixe par paires les objectifs des indicateurs qui tendent à s'opposer : OEE et rotation des stocks, rotation des stocks et livraison à l'heure, productivité et taux de fréquence. Quand un seul côté d'une paire s'améliore, vérifiez ce qui s'est passé de l'autre.

N'utiliser des références externes que si l'on en connaît les conditions

Il est tentant de se comparer à d'autres entreprises ou à des chiffres de secteur. N'utilisez que les chiffres dont vous connaissez l'auteur de la collecte, l'année, le périmètre et la méthode de calcul. Les taux de fréquence et de gravité ci-dessus proviennent des statistiques du MHLW, avec périmètre et formules publiés : ils servent donc à la comparaison une fois les conditions alignées. La baisse annuelle de 1 % de l'intensité énergétique est un objectif d'effort au titre de la loi japonaise sur les économies d'énergie.

Les taux de défauts, l'OEE et la rotation des stocks, en revanche, varient en définition et en produit d'une usine à l'autre. Une « valeur typique » sans source est une base fragile pour un objectif. Votre propre historique, et les autres lignes de votre entreprise mesurées de la même façon, constituent une référence plus solide.

Revues de KPI quotidiennes, hebdomadaires et mensuelles

Équipe d'usine examinant des graphiques imprimés autour d'une table de réunion

Un objectif ne sert à rien si personne ne regarde le chiffre à un moment et en un lieu définis. Réglez la fréquence de revue d'un indicateur sur la vitesse à laquelle vous pouvez agir.

Figure 7 : que revoir, et quand

La revue quotidienne traite les problèmes, l'hebdomadaire les tendances, la mensuelle l'écart à l'objectif.

Indicateurs principaux
Où, et ce qui est décidé
Quotidien
Production et réalisation du plan, FPY et nombre de défauts, arrêts d'équipement, accidents et presque-accidents
Réunion du matin ou tableau d'atelier. Agir le jour même sur les problèmes de la veille
Hebdomadaire
OEE, répartition des défauts, commandes en retard, encours
Réunion de production hebdomadaire. Lire les tendances et ajuster le plan, les effectifs et le calendrier de maintenance de la semaine suivante
Mensuel
Coût de fabrication et écart sur coûts, livraison à l'heure, rotation des stocks, taux de fréquence, intensité énergétique
Revue mensuelle. Trouver les causes des écarts à l'objectif, convenir des actions, décider des investissements ou de l'organisation

Cette répartition est un exemple. Adaptez-la à la taille de vos lots et à votre cycle de production.

Pour le pilotage quotidien, fixez une plage normale distincte de l'objectif. La norme JIS Q 9023 appelle kanri suijun (管理水準, plage de fonctionnement normal) la valeur ou la plage qui représente un processus stable ou conforme au plan. Si vous décidez aussi qui fait quoi quand un chiffre sort de cette plage, la réunion quotidienne devient un lieu de décision d'actions plutôt qu'une lecture de chiffres. La revue mensuelle confronte les indicateurs de résultat aux objectifs et arrête causes et contre-mesures.

Deux habitudes gardent le dispositif utile. D'abord, élaguez les indicateurs : ils sont faciles à ajouter et difficiles à retirer. Si un chiffre demande du temps à compiler et n'est que lu à voix haute en réunion, demandez-vous si quelqu'un s'en sert pour décider. Gardez l'ensemble suivi à l'échelle de l'usine dans les cinq domaines de la figure 1 et laissez les indicateurs détaillés au pilotage quotidien de chaque service. Ensuite, n'utilisez pas les indicateurs déclaratifs pour désigner des coupables. Les défauts et les presque-accidents dépendent de ce que les gens déclarent. Si ceux qui déclarent de mauvais chiffres sont blâmés, les déclarations baissent, et les chiffres ne s'améliorent que parce que les problèmes ne sont plus visibles. Utilisez ces indicateurs pour chercher les causes, et soyez prudent avant de les lier aux évaluations individuelles.

Aide-mémoire : termes japonais des KPI

Utilisez ce tableau pour lire un rapport de KPI japonais ou remplir un modèle venu du Japon.

JaponaisRomajiFrançaisÀ vérifier avant de comparer
直行率chokko-ritsuTaux de conformité au premier passage (FPY)Dénominateur : pièces lancées, contrôlées ou produites ?
工程内不良率koteinai furyo-ritsuTaux de défauts en cours de fabricationContrôlées ou produites ; les pièces retouchées sont-elles des défauts ?
流出不良率ryushutsu furyo-ritsuTaux de défauts livrés au client (ppm)Quels constats client comptent ; mois d'expédition ou mois de constat
歩留りbudomariRendement matièreSens JIS : produit obtenu ÷ matière engagée, et non pièces bonnes ÷ pièces totales
原価差異genka saiÉcart sur coûtsConvention de signe ; séparation prix / quantité
原単位gentan'iConsommation par unité / intensitéQuel dénominateur (tonnes, pièces, valeur)
稼働率kadoritsuTaux d'utilisation (parfois « disponibilité »)Par rapport au temps disponible ou au temps calendaire ; différent de la disponibilité de l'OEE
設備総合効率setsubi sogo koritsuOEE (proche du TRS)Comment sont fixés les arrêts planifiés et la cadence idéale
納期遵守率noki junshu-ritsuTaux de livraison à l'heureDate demandée par le client ou date confirmée ; commandes ou quantités
在庫回転率zaiko kaiten-ritsuRotation des stocksEn valeur ou en quantité ; quelles catégories de stock
度数率dosu-ritsuTaux de fréquence (pour 1 000 000 d'heures)Blessures avec 1 jour d'arrêt ou plus (ou perte d'une partie du corps ou d'une fonction) ; pas la base de 200 000 heures de l'OSHA ; à rapprocher du TF français
強度率kyodo-ritsuTaux de gravité (pour 1 000 heures)Valeurs forfaitaires de jours perdus (7 500 pour un décès)
エネルギー消費原単位enerugi shohi gentan'iIntensité énergétiqueConversion en équivalent pétrole brut ; dénominateur
管理項目 / 管理水準kanri komoku / kanri suijunPoint de pilotage / plage de fonctionnement normalQui agit quand le chiffre sort de la plage

Modèle : fiche de définition d'un KPI

Remplissez une fiche par indicateur avant de fixer les objectifs ou d'envoyer votre premier rapport au Japon. Elle évite la plupart des discussions du type « vos chiffres ne correspondent pas aux nôtres ».

ChampCe qu'il faut écrireExemple (fictif)
Nom de l'indicateur (français / japonais)Le nom utilisé dans les deux rapportsFPY / chokko-ritsu (直行率)
Domaine QCDSE et typeDomaine, et indicateur de résultat ou avancéQ, avancé
FormuleNumérateur ÷ dénominateur, avec les unitésPièces conformes du premier coup ÷ pièces lancées
Inclusions / exclusionsCe qui compte et ce qui ne compte pasLes pièces retouchées comptent comme non conformes ; rebuts de réglage exclus
PérimètreLignes, produits, équipesLigne A, toutes références, toutes équipes
Source des donnéesSystème ou enregistrement d'où vient le chiffreJournal de contrôle dans le MES
Responsable et rédacteurQui est responsable ; qui calculeResponsable production ; technicien qualité
Fréquence de revueQuotidienne, hebdomadaire ou mensuelle, et oùChaque jour à la réunion du matin
Niveau actuelMoyenne et fourchette sur les derniers mois94,0 % (fourchette 92,8–95,1 %)
Objectif et échéanceValeur et date96,0 % d'ici la fin de l'exercice
Plage normale et réactionPlage normale ; qui fait quoi en dehorsSous 93 % : le chef de ligne ouvre une revue des défauts le jour même
Indicateur appariéL'indicateur susceptible d'entrer en conflitTaux de défauts livrés (ppm)

Questions à poser au côté japonais

  • Pour chaque KPI du modèle, quels sont exactement le numérateur et le dénominateur ? Disposez-vous d'une définition écrite que nous pouvons suivre ?
  • Les pièces retouchées comptent-elles comme bonnes dans vos indicateurs qualité ?
  • Pour la livraison à l'heure, la date promise est-elle la date demandée par le client ou la date confirmée ? Comptez-vous des commandes ou des quantités ?
  • Nos chiffres de sécurité doivent-ils reprendre le taux de fréquence japonais (pour 1 000 000 d'heures, blessures avec un jour d'arrêt ou plus), notre taux local (TF), ou les deux ?
  • Quel dénominateur faut-il retenir pour l'intensité énergétique, et quels facteurs de conversion en équivalent pétrole brut ?
  • Quels KPI ont des objectifs fixés par le siège, et lesquels l'usine peut-elle fixer elle-même ?
  • Quels indicateurs le siège revoit-il chaque mois, et lesquels sont réservés à l'usage de l'usine ?
  • Quand commence la fixation des objectifs de l'exercice suivant, et quand avez-vous besoin de nos données de niveau actuel ?

Limites de ce guide

Les indicateurs et formules présentés ici sont des schémas courants, non une norme que toute entreprise japonaise suit. Hors de la sécurité, où le MHLW fixe les définitions, chaque entreprise, et souvent chaque usine, définit ses propres KPI, et la séparation résultat / avancé de la figure 1 n'est qu'un repère. La classification des coûts suit les règles de comptabilité analytique de chaque entreprise.

La loi japonaise sur les économies d'énergie, le dispositif de déclaration des gaz à effet de serre et l'enquête du MHLW s'appliquent aux entreprises et aux sites situés au Japon. Les usines d'autres pays suivent la loi et les règles de déclaration locales, même quand le siège demande en plus des chiffres à la japonaise. En France, par exemple, les obligations d'audit énergétique ou de bilan d'émissions et le référentiel de management de l'énergie NF EN ISO 50001 relèvent d'un cadre distinct ; vérifiez ce qui s'applique à votre site. Confirmez toujours les définitions dans le modèle de votre entreprise ou de votre client.

FAQ

Que signifie QCDSE ?

QCDSE signifie qualité, coût, délai (delivery), sécurité et environnement. Les usines japonaises utilisent ces cinq domaines pour organiser leurs KPI, en associant le plus souvent un indicateur de résultat et un indicateur avancé dans chaque domaine, de façon que l'ensemble tienne sur une page.

Comment calcule-t-on le taux de fréquence et le taux de gravité au Japon ?

Au Japon, taux de fréquence = morts et blessés d'accidents du travail ÷ total des heures effectivement travaillées × 1 000 000, et taux de gravité = total des jours de travail perdus ÷ total des heures effectivement travaillées × 1 000. Le MHLW compte les blessures avec un jour d'arrêt ou plus, et un décès compte pour 7 500 jours perdus.

Le taux de fréquence japonais est-il le même que le TF français ou le TRIR de l'OSHA ?

Pas tout à fait. Le taux de fréquence japonais et le TF français partagent la base d'un million d'heures, mais leurs définitions de l'accident compté peuvent différer. Le TRIR de l'OSHA utilise une base de 200 000 heures et compte aussi des cas enregistrables sans arrêt. Indiquez toujours clairement lequel vous utilisez, ou présentez-les séparément.

Qu'est-ce que le chokko-ritsu ?

Le chokko-ritsu (直行率) est le taux de conformité au premier passage (FPY) : la part des pièces conformes du premier coup, sans retouche. La norme JIS ne le définit pas ; confirmez le dénominateur et le traitement des pièces retouchées auprès de l'entreprise qui a fixé l'indicateur.

Quel est un bon objectif d'OEE ou de taux de défauts ?

Il n'existe pas de valeur unique qui convienne à toutes les usines : les définitions et les produits diffèrent trop. Fixez les objectifs à partir de votre propre niveau actuel mesuré, avec une échéance et un point d'arrivée énoncé, et n'utilisez des chiffres externes que si leur source, leur périmètre et leur méthode de calcul sont connus.

Sources

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À propos de la rédaction

Rédaction de MONOSCOPEFOUNDER & EDITOR

Une dizaine d’années chez un fabricant d’équipements industriels et dans une société d’ingénierie d’usines, à la proposition, à la conception et à la mise en service d’équipements, puis un passage au marketing numérique. Aujourd’hui, conseil web auprès de fabricants B2B pour les aider à expliquer clairement leurs produits et leurs technologies. Titulaire des licences nationales japonaises d’Energy Manager et d’ingénieur électricien en chef de troisième classe.

Un blog d’ingénierie tenu depuis 2017 (plus de 500 articles) et une chaîne YouTube en japonais d’environ 20 000 abonnés. Chaque guide est rédigé du point de vue de l’atelier japonais et vérifié au regard des normes citées.

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